La newsletter qui bouscule la France par Richard Werly |
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Gisèle Pelicot et Béatrice Zavarro, nos héroïnes françaises
Le procès des viols de Mazan s’achèvera au tribunal d’Avignon ce jeudi 19 décembre sur un verdict assuré d’être suivi dans le monde entier. Face à face, une femme courage et son ex-mari devenu la figure du diable, au fil des soixante-neuf journées d’audience.
Ce procès a d’abord été celui des viols en série orchestrés par un homme habité par ses pulsions sexuelles, et commis par 49 coaccusés tous pris au piège de leur aveuglement de leur mépris ou de leur indifférence pour leur victime: Gisèle Pelicot, dont la défense a consisté à tout affronter, y compris les pires images filmées par son bourreau. Mais il aura surtout été dominé par deux héroïnes françaises: Gisèle bien sûr, l’épouse violée qui n’a cessé de donner des leçons de dignité, et face à elle, Béatrice Zavarro, l’avocate de son ex-conjoint.
A l’heure où beaucoup s’interrogent, en France, sur la solidité des institutions et sur l’état de délabrement d’une société dangereusement fracturée, ces deux héroïnes françaises méritent d’être saluées ensemble. L’une, blessée dans sa chair, a survécu et voulait témoigner pour toutes celles qui n’oseront (ou ne pourront) jamais le faire. L’autre, avocate pénaliste jusque-là peu connue du grand public, a incarné le désir de justice face à l’horreur des faits et à la soif naturelle de vengeance.
Gisèle Pelicot et Béatrice Zavarro sont deux héroïnes françaises. Elles sont les «Marianne» d’une République, fondée sur l’Etat de droit, et capable d’affronter, dans la dignité, les pires réalités. Bonne lecture, et merci aux avocats!
(Pour débattre: richard.werly@ringier.ch) |
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| L'ultime rencontre matinale entre le président français et son nouveau Premier ministre a été houleuse. Ce dernier aurait menacé de claquer la porte. Une engueulade qui pourrait bien s'avérer salutaire pour le pays. |
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| Le leader centriste François Bayrou accède à la tête du gouvernement français dans des conditions presque impossibles. Lui qui s'est toujours vu en éternel recours va enfin pouvoir jouer ce rôle. |
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| Pour l'ancienne cheffe du Département fédéral des Affaires étrangères, renvoyer chez eux les réfugiés syriens dans l'incertitude de l'après-Assad n'est pas acceptable. Son espoir? Une recomposition du Moyen-Orient qui ne soit pas dirigée contre les pays occidentaux. |
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Mayotte, l’avenir après Chido |
Un cyclone et des questions. Pourquoi la force des vents du cyclone Chido, qui a dévasté Mayotte samedi 14 décembre, a-t-elle été sous-estimée? Comment reconstruire ces bidonvilles de tôles et de contreplaqué, hier accrochés aux collines et aujourd’hui balayés? Comment conjuguer impératif humanitaire et mots d’ordre de renvoi des dizaines de milliers de clandestins venus des autres îles des Comores (Anjouan, Moheli et la Grande Comore)?
L’archipel français de l’océan Indien n’est pas qu’une tragédie climatique. Elle est une tragédie tout court, vu l’incapacité de l’État français à faire face aux défis posés par sa géographie, sa structure sociale, son éloignement de la métropole et son manque de ressources. Quel avenir, donc, après le passage meurtrier du cyclone Chido, dont le bilan humain reste à évaluer?
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Après avoir choisi de demeurer française lors du référendum d’autodétermination du 22 juillet 1974, Mayotte, vigie du stratégique canal du Mozambique, est devenue, en 2011, le 101ᵉ département français. Et ce, pour finir aussitôt en bas de toutes les statistiques: 77% de ses 320'000 habitants y vivent sous le seuil de pauvreté national, soit cinq fois plus qu’en France. 40% des actifs sont sans emploi. Le produit intérieur brut par habitant y plafonne à 10'600 euros. 50% de la population est composée d’étrangers. La criminalité oblige ses habitants à se barricader.
L’avenir après Chido? «Mayotte la magnifique, luxuriante et bousillée, Mayotte la Françafrique, hippocampe oublié», dit un refrain populaire mahorais. Et de poursuivre: «À Mayotte, on débarque. Le regard se perd. Un décor de carte postale. Nickel, le ciel est bleu. Fin du mirage, Premier pied à terre et on descend du nuage.» Le cyclone Chido est aussi un ouragan républicain. |
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| SUR FRANCE 24, BAYROU ET LA SYRIE |
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| SUR TV5 MONDE, UNE NOUVELLE FRANCE? |
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| SUR FRANCE INFO, LE CYCLONE DE MAYOTTE |
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| AU NOUVEL ESPRIT PUBLIC, LE CRÉPUSCULE DE LA Ve RÉPUBLIQUE |
Décodage politique autour de Philippe Meyer. Avec Jean-Louis Bourlanges, David Djaiz, Béatrice Giblin et Blick. |
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| SUR COURRIER INTERNATIONAL, LA CRISE FRANÇAISE VUE DE L'ÉTRANGER |
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«Requiem pour la Coloniale»: le titre claque comme un discours funèbre. Et pour cause: c’en est un, prononcé en une centaine de pages par deux très bons spécialistes de la France contemporaine et de son armée, Stephen Smith et Jean de la Guérivière.
La «Coloniale», c’est l’armée qui fit l’Empire, cette infanterie de marine – son nouveau nom, à partir de la fin de la Seconde Guerre mondiale – descendue des canonnières en casque blanc pour asservir, au fil de l’épée et à coups de canons, tribus africaines et royaumes asiatiques. La République, à Paris, suivait de loin l’épopée de ses gladiateurs supposés apporter la civilisation. La «Coloniale» était à la fois l’instrument de sa gloire et de ses basses œuvres. En ce temps-là, la France régnait sur le Tonkin, le Sahara et le Levant. Son cauchemar se résumait à un nom: Fachoda, ce fort militaire égyptien de l’actuel Soudan où il fallut, en 1898, reculer face à l’ennemi héréditaire anglais.
Une grande Belgique
L’armée d’aujourd’hui, celle dont la France de 2024 a besoin pour protéger son territoire métropolitain et d’outre-mer face aux menaces des puissances (Chine, Russie…), aux rebellions djihadistes (au Sahel) et aux révoltes politiques (en Afrique de l’Ouest), n’a plus rien à voir avec cette «Coloniale», née des Compagnies de la mer créées par le Cardinal de Richelieu en 1662 pour «sécuriser les ports de guerre du royaume». «Comment la porter en terre sans lui jeter des fleurs ni cracher sur sa tombe», s’interrogent les auteurs, pour lesquels «rien n’est simple, sans équivoque ni contradiction»?
La réponse est dans ce petit livre qui ne cache rien. Ni les massacres commis par la «Coloniale». Ni ses interventions libératrices. Restent les faits: «La réalité se venge d’être travestie, peut-on lire. La chronique des trois décennies de l’après-guerre froide, qui mènent à l’expulsion de la Coloniale d’Afrique, raconte comment la France a été réduite à une grande Belgique.» |
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| «Requiem pour la Coloniale» Stephen Smith et Jean de la Guérivière (Ed. Grasset) |
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