Après l'orgasme olympique, on se rendort?
On ne va pas filer la métaphore coquine. Mais avouez que cette parenthèse olympique ressemble à s’y méprendre à un coup de foudre. On se disait bien que cela pourrait marcher entre Paris, les Jeux et les Français. On pariait même sur quelques séquences sportives torrides à l’ombre de la Tour Eiffel, des Invalides, ou sous la verrière du Grand Palais.
Personne, en revanche, n’avait envisagé pareille alchimie. Des athlètes motivés comme jamais, qui moissonnent les médailles (64, dont 16 en or) comme les blés en été. Des volontaires qui font remonter à la surface une époque où la France était le pays roi de l’accueil et de l’hôtellerie. Des policiers et des gendarmes fêtés, surtout lors des patrouilles combinées avec leurs collègues étrangers (médaille d’or pour les Américains du NYPD de New York et du LAPD de Los Angeles). J’arrête l’énumération. Tout le monde l’égrène depuis que Tom Cruise a embarqué, dimanche soir, le drapeau olympique à Hollywood.
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Un orgasme olympique. Qui fait du bien comme il se doit. Mais qui pose aussitôt la question rituelle. On fait quoi après? On remet ça, sous une autre forme? On se rendort? Ou on passe son temps à raconter ses souvenirs aux copains (et copines) ? Difficile de dire quelle option sera choisie à l’heure d’écrire ces lignes, alors qu’Emmanuel Macron entame sa tournée de remerciements, avant les commémorations du 80e anniversaire du débarquement allié en Provence (15 août 1944) puis de la libération de Paris du joug nazi (du 19 au 25 août 1944).
Pour le moment, la France profite de ce moment. Requinquée. Persuadée d’avoir (bien sûr) organisé les meilleurs JO de l’histoire olympique. Au fait, le Viagra politique, ça existe? Bonne lecture, comme d’habitude! (Pour débattre: richard.werly@ringier.ch) |
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Nos chroniques - Des Jeux très gaulois
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Chaque jour durant les Jeux olympiques, la Républick a été au rendez-vous. On a parlé de tout: d’Emmanuel Macron bien sûr, mais aussi de Marseille face à Paris, des 45'000 volontaires bénévoles, du wokisme à l’assaut des stades et de la présumée arrogance des Français. Une douzaine de piqûres de rappel sur des JO aussi politiques que sportifs
Retrouvez ici nos chroniques gauloises |
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| Matignon, déprime olympique |
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| Volontaires, la récompense |
45’000 volontaires se sont mobilisés pour rendre possibles ces Jeux de Paris 2024. Et si le CIO, énorme machine à milliards, leur octroyait une prime? |
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À Matignon, podium sans médaille
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Il ne vous a pas échappé qu’Emmanuel Macron déteste voir le calendrier et la lumière lui échapper. J’ai donc lu avec la plus grande attention son premier entretien post JO publié lundi 12 août dans «L’Équipe». Et franchement, tout y est. Voici le président français en coach de la nation. Avec des phrases comme: «Les Français ont redécouvert qu’ils pouvaient faire des grandes choses ensemble», ou «On a réinventé les Jeux d’été». Merci Patron! Un patron qui, de toute façon, en a quelques-uns dans son collimateur. «Ceux qui n’ont pas cru dans les Jeux se sont trompés» assène-t-il, en répondant à une question sur un absent de marque, un nouveau joueur du Real Madrid nommé Kylian Mbappé. Ambiance d’après match.
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À lire dans Blick: Le pire job du monde est d'être Premier ministre en France après les JO
Je me demande bien, dans ces conditions, qui acceptera d’aller dans les vestiaires partager avec lui la remise sur pied de l’équipe de France gouvernementale déboussolée par la dissolution. Déjà que Macron sans médailles était difficile (voire impossible) à gérer, imaginez une cohabitation avec ce président qui assène au quotidien sportif: «Dissoudre a créé un esprit de responsabilité, un sursaut. Parce qu’il y a une continuité de l’État dont je suis le garant.» Traduction: pas question de transférer du pouvoir de l’Élysée vers Matignon, le siège du Premier ministre où s'assoit encore un Gabriel Attal en disgrâce présidentielle. Le portrait de son successeur? Plutôt un «sans médaille», vétéran ou technocrate. Olympique ne rime pas toujours avec partage.
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| Sur TV5, une soirée suisse |
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| Sur BFM, le débrief olympique |
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| Sur France 24, le jour d'après |
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| Pourquoi la Suisse est le contraire de la France? (Olympique ou pas) |
L’historien Pascal Ory nous a proposé, au début des JO, une série de chroniques sur l’Olympisme et la France. L’occasion de republier notre recension de son dernier livre «Ce cher et vieux pays» (Gallimard) Certains essais sont revigorants. D’abord parce qu’ils se lisent d’un trait, ce qui est plus facile il est vrai pour les petits formats de la collection «Tracts» de l’éditeur Gallimard. |
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Ensuite, parce qu’ils vont droit au but et ne noient pas leur problématique dans un flot de considérations gazeuses.
Bravo, Pascal Ory! Dans «Ce cher et vieux pays...», son dernier livre consacré à cette France qu’il décrypte en historien depuis des décennies, l’Académicien français offre à tout lecteur soucieux de comprendre la République un aperçu pointu, enlevé, précis de la «démocratie à la française». Une démocratie qui, jamais, ne réussit selon lui à s’affranchir de la figure tutélaire et autoritaire de Napoléon 1er, cet Empereur qui accoucha aussi en partie, à travers l’Acte de médiation de 1803, de la Suisse moderne.
La maladie de l'autoritarisme
Première phrase choc, qui permet mieux de se faire une idée de la France: «La liberté n’entre aucunement dans la définition de la démocratie, régime qui n’a à faire et ne peut avoir à faire qu’avec la souveraineté […] Les Français sont bien placés – les mieux placés – pour le savoir, eux qui, aux côtés de la photographie et du béton armé, ont inventé la démocratie autoritaire.» Pas besoin d’en rajouter.
«Tout devient clair. La Suisse n’a été inventée qu’à deux usages», note l’écrivain. «Un usage général à destination des démocraties théoriques du monde entier et un usage particulier, à destination de la France». Bigre! Les deux pays voisins formeraient donc une sorte de pile ou face de la même monnaie politique? Juste selon l’essayiste: «À la France, la Suisse dessine une figure qui est, dans chacun de ses détails, l’exact inverse de ce qu’elle est. Compromis, coalition, décentralisation, directoire: renversez ces quatre termes et vous obtiendrez la France.»
Il ne s’agit pas, pour l’Académicien français, de dévaloriser le modèle français ou de mettre la Confédération sur un piédestal. La force de son essai est qu’il pointe directement, sans détour, la maladie de l’autoritarisme supposé éclairé qui ronge la République…
La suite sur Blick: Pourquoi la Suisse est le contraire de la France (politique) «Ce cher et vieux pays…» Pascal Ory (Ed. Gallimard) |
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