Jupiter, dissous dans le chaudron gaulois
Il y a deux façons de regarder et de commenter ce qui se passe actuellement en France, à la veille d’une possible arrivée au pouvoir de Jordan Bardella et des siens. La première est d’étaler devant soi une carte électorale, et de pointer les circonscriptions qui peuvent encore être «sauvées» de la vague nationale-populiste. Arithmétique compliquée et maux de tête politiques garantis pour ceux qui, comme Gabriel Attal semblent toujours rêver d’une possible majorité alternative, opposée au Rassemblement national et sans accord avec La France Insoumise de Jean-Luc Mélenchon. Républick a essayé en vain de trouver une issue à ce Rubik’s cube des urnes. Ceux qui y voient plus clair sont priés de nous écrire vite fait.
A lire sur Blick: Les Français ont-ils vraiment tué Macron et choisi Bardella?
La deuxième manière d’aborder le psychodrame engendré par la dissolution de l’Assemblée est de se souvenir qu’Emmanuel Macron, au fond, est un Dieu Romain. Jupiter n’a jamais compris concitoyens gaulois. Il les croyait reconnaissants, après 240 milliards d’euros de «Quoi qu’il en coûte». Il pensait les impressionner par son défilé de patrons au Château de Versailles. Il s’imaginait que son bruit de bottes tricolore en Ukraine allait les mettre au garde-à-vous. Raté. Dans le chaudron gaulois, la potion la plus appréciée est celle qui mélange le piment de la colère à la promesse d’une vie tranquille, à l’abri du monde, avec un carnet de chèques en blanc sous l’oreiller
C’est grave docteur? Non. Car pour ceux qui la boivent, cette potion-là est supposée magique. Bonne lecture, et vive la Gaule!
(Pour débattre: richard.werly@ringier.ch) |
|
|
ANTI MACRON, LES FRANÇAIS SONT-ILS ANTI-TOUT?
|
Impossible de ne pas se poser la question au lendemain d’un premier tour marqué par un vote de colère et de dégagisme en faveur du RN. D’accord, la Rassemblement national a un programme. Mais les Français sont-ils anti-tout? Pourquoi tant de refus d’obstacles qui, lorsque les difficultés surviennent, remontent à la surface et se transforment en bombes politiques pour le président en place?
Écoutez ce nouvel épisode d’Helvétix Café, le podcast de Blick qui décrypte le pays d’Astérix en version helvétique. À écouter sur Blick: Anti-JO, anti-Macron, anti-patrons: les Français sont-ils anti tout? |
|
|
| SECOND TOUR, ROULETTE RUSSE |
Vu de Suisse, la semaine politique qui s’annonce en France est difficile à comprendre. On essaie de vous l’expliquer, entre «duels» et «triangulaires», entre RN et France Insoumise… |
|
|
| A GAUCHE, L’HEURE DU CHOIX |
|
|
|
Marie-Caroline Le Pen est la sœur aînée de Marine. La voici en tête dans une circonscription très symbolique: celle de François Fillon, dans la Sarthe. Blick est allé sur place. |
|
|
Populisme, hors-sol et en marche |
Le Rassemblement national est en train de réinventer «En marche». Vous vous souvenez de 2017? La «grande marche» des macronistes recrutés par internet, lancés à l’assaut de circonscriptions dont ils ne connaissaient même pas (ou presque) la localisation sur une carte de France. La presse quotidienne régionale les surnommait les «GPS», incapables de se déplacer sans être assistés par la boussole de leur téléphone portable. Ceux-là, rigolait-on, furent élus simplement parce qu’ils avaient sur leurs affiches le visage souriant d’Emmanuel Macron. Dans la circonscription des Français de Suisse, Joachim Son-Forget, sympathique radiologue sorti de nulle part, fut propulsé à l’Assemblée séance tenante. On connaît la suite.
A lire aussi sur Blick: Cette France voisine qui vote RN: «Je suis raciste et je l'assume!» |
Ces élections législatives anticipées ressemblent à s’y méprendre à ce grand moment de populisme hors sol. «En Marche» jouait au centre. Ni droite, ni gauche. Le RN version Jordan joue à la droite de la droite. Et alors? Combien de candidats présentés par Marine Le Pen sont enracinés dans le terroir qu’ils s’apprêtent à représenter? Un comble, pour ce parti qui proclame comme devise le redoutable «On est chez nous». La propre sœur de Marine, Marie-Caroline, a débarqué dans la Sarthe comme un bolide des 24 du Mans. La voici en pole position. Le macronisme est peut-être hors-jeu. Mais dans cette ligne droite des législatives décidées sur un coup de tête, le risque de futures collisions et sorties de route n'est pas à écarter.
| |
|
| SUR TV5 MONDE, LE RENDEZ-VOUS POLITIQUE |
|
|
| SUR C DANS L’AIR, COMPRENDRE LA FRANCE |
|
|
| SUR RTL, LA POUSSÉE DE FIÈVRE |
|
|
| SUR FRANCE INFO, CAP SUR LES URNES |
|
|
| MOI, JEAN-LUC MÉLENCHON, CE TRIBUN ADMIRÉ (ET REDOUTÉ) |
L’exercice n’est pas seulement éditorial. Il est psychologique, littéraire, éminemment politique. Comment raconter Jean-Luc Mélenchon sans tomber dans l’excès, tant la personnalité du leader de La France insoumise (Gauche radicale) est excessive? |
|
|
Il fallait donc trouver un chemin d’accès pour permettre au lecteur d’explorer les deux faces de l’Everest Mélenchon. D’un côté, le tribun cultivé, amer, mais lucide sur l’état du pays. De l’autre, le révolutionnaire fanatique, pour qui seul compte le rapport de force, clé de voûte de l’action politique.
Je ne connais pas le degré d’intimité entre Christophe Barbier et le fondateur de LFI. «Moi, Jean-Luc M…» (Ed. Grasset), le petit livre que l’éditorialiste de BFM TV vient de publier, laisse entendre que les deux hommes se connaissent bien. A moins que tout cela ne soit que fiction, comme l’est naturellement une pièce de théâtre. Laissons planer le doute. Car la force de ce court récit, en tout cas dans sa première partie, est de nous plonger dans la tête de ce tribun politique que les Français admirent et redoutent à la fois.
Au vitriol
«Foutez-moi la paix! Quand je veux, je décide! Quand je veux! Foutez-moi la paix! Ça vous emmerde que je sois là…» Ainsi démarre presque ce récit enlevé, dont la deuxième partie, plus journalistique, est un portrait politique au vitriol de Jean-Luc Mélenchon. Le tribun septuagénaire est seul dans sa maison secondaire du Loiret, à une centaine de kilomètres de Paris. Il tourne en rond. Il laisse le téléphone sonner. Il veut que ses interlocuteurs soient obligés de patienter.
Il rumine. Il fulmine, en particulier contre les médias. «Il y a trente ans, les journaux étaient dirigés par des intellectuels, aujourd’hui, ils sont tenus par des crétins. Des crétins bitumés jusqu’à l’os préfrontal. Et quand on en trouve un qui a deux sous de culture générale, il est d’extrême-droite.»
Nous y sommes: la première clé pour comprendre «Méluche» est de le voir comme le produit de sa génération. Celle du trotskisme. Celle des derniers espoirs sociaux. Celle qui ne supporte pas la mondialisation capitaliste parce qu’elle écrase tout sur son passage et ruine les idéologies. Un combattant, un fauve
Jean-Luc Mélenchon n’est pas un homme politique ordinaire. Il est un combattant qui pourfend ses ennemis: «Les capitalistes, les banques, l’impérialisme, les médias.» Un fauve qui préférera toujours les animaux sauvages, féroces, aux bêtes domestiquées, couchées devant la cheminée de leurs maîtres. L’intérêt du livre de Christophe Barbier est qu’il nous permet de mieux comprendre pourquoi ce talent politique est mis au service d’une ambition si brutale, si dévoyée aussi parfois lorsque «Méluche» soutient les islamo-gauchistes des quartiers, ou couvre des propos antisémites de ses candidats…
La suite sur Blick: Moi, Jean-Luc Mélenchon, ce tribun que les Français admirent (et redoutent) «Moi, Jean-Luc M…» Christophe Barbier (Ed. Grasset) |
Aidez-moi à faire connaître Républick!
Cette newsletter a besoin de vous. Si vous l’appréciez, transférez-la à vos contacts et aidez-moi à la faire connaitre! L'inscription est gratuite. Et c’est qualité suisse (du moins, on l’espère!) |
|
|
Suivez-nous sur les réseaux sociaux pour ne pas manquer nos meilleurs contenus
Copyright © 2024 Ringier AG, All rights reserved.
Une newsletter produite par Blick Suisse romande
Ringier AG, Blick
Avenue de Rumine 20, CH-1005 Lausanne, Suisse
Vous souhaitez modifier vos abonnements aux newsletters de Blick?
Mettez à jour vos préférences ou désabonnez-vous en cliquant ici.
Vous pouvez également ouvrir la newsletter dans votre navigateur.
|
|
|
|
|
|