J’ai encore cette phrase en tête. Elle remonte à octobre 2009, attribuée par Dominique de Villepin à celui qui présidait la France: Nicolas Sarkozy.

La newsletter qui bouscule la France par Richard Werly

 

Sarkozy-Villepin, au comptoir du boucher

J’ai encore cette phrase en tête. Elle remonte à octobre 2009, attribuée par Dominique de Villepin à celui qui présidait la France: Nicolas Sarkozy. «Il a promis de me pendre à un croc de boucher», affirme alors l’ancien Premier ministre à propos de celui que les Français ont élu, deux ans plus tôt, chef de l’Etat avec 53,06% des voix face à la socialiste Ségolène Royal. Ambiance.

«Sarko» est à ce moment-là en position de faire régner la terreur politique. Il n’a pas supporté que les mensonges sur une possible implication dans des détournements de fonds et de blanchiment dans l’affaire Clearstream – distillés selon lui par de Villepin – menacent sa conquête de l’Elysée. Le boucher se nomme Sarkozy. Et le pendu sera l’ancien favori de Jacques Chirac, formidablement incarné à l’écran par Thierry Lhermitte dans «Quai d’Orsay», le film de Bertrand Tavernier consacré à un ministre des Affaires étrangères de fiction nommé Alexandre Taillard de Worms.

La France du croc de boucher n’a malheureusement pas disparu. Elle vient même de ressurgir sous la forme d’un avertissement clair adressé par un personnage de l’ombre déjà impliqué dans les dénonciations des costumes de François Fillon en 2016: l’intermédiaire corse Robert Bourgi. En balançant une info sur des statuettes africaines imprudemment acceptées par Dominique de Villepin (qui a finalement reconnu son «erreur»), l’entremetteur connu pour ses liens avec Sarkozy et ce qu’il reste de la Françafrique a sorti le carton rouge.

Message à l’intention de celui qui se rapproche de plus en plus de la présidentielle de mai 2027, avec l'intention de «rassembler» et d’y rejouer la partition de la France gaullienne face au reste du monde: d’autres révélations peuvent sortir. Lesquelles? Motus. Le comptoir de la boucherie politique tricolore est rouvert. N’oublions pas que le Qatar, entre autres, a enrichi ces deux personnalités de droite à force de contrats publics ou privés depuis plus de vingt ans...

Le problème est que le «boucher» Sarko est mal en point. Son procès en appel dans l’affaire des présumés fonds secrets libyens de sa campagne de 2007 n’a pas dissipé l’impression d’une grave affaire d’Etat. Le réquisitoire était à nouveau terrible pour lui ce lundi 11 mai. Alors, qui finira pendu? «Ce nain va nous faire une France à sa taille», répétait alors, paraît-il, Dominique de Villepin. Vous en reprendrez bien une tranche?

Bonne lecture, sans couteau de boucher!

(Pour débattre: richard.werly@ringier.ch)

Et dans les médias?

Retrouvez moi dans «Brunet sans filtre» sur LCI avec Magali Lunel, dans «The Debate» sur France 24 (en anglais) avec François Picard, dans «Le Grand échiquier international» de Al24 News avec Karim Bouaziz et dans «Les Informés» de France Info avec Antoine Comte.

 

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Top ou flop?

 

FLOP

Le canon et la girafe

Un béret «made in China»? Il suffit de regarder de près dans les boutiques parisiennes de souvenirs pour constater que la valse des étiquettes se porte bien à l’intérieur du couvre-chef le plus célèbre de France. Je me demande même si la polémique sur la fabrication déguisée en Chine d’objets symboliques du folklore national, comme l’a révélé l’affaire de «Sophie la girafe», n’est pas finalement le cœur du sujet dans les dîners, de plus en plus médiatiques, du «Canon français». Je résume: chaque week-end, les tablées vin rouge-saucisson transforment plusieurs villes de France en festivals de gauloiseries. Pas de problème, au contraire! Après tout, l’éloge bon enfant des traditions culinaires ou vestimentaires n’a jamais fait de mal à personne. Surtout en Suisse, où la raclette-fondue, assortie de chocolat, pourrait presque remplacer la croix blanche sur le drapeau rouge.

Pas simple, en revanche, d’organiser des bals pinard-sauciflard sans tomber dans le syndrome «Sophie la girafe», ce jouet pour enfant faussement fabriqué à Rumilly, en Haute-Savoie, mais en réalité le plus souvent importé d’Extrême-Orient. Regardez bien les nappes, les assiettes, les couverts, les verres, le mobilier, les vêtements de tous les participants. Du «made in France» 100%? J’en doute. Est-on même certain que tous les bérets portés avec fierté par les femmes comme par les hommes lors des dîners du «Canon français» ne proviennent pas d’ateliers textiles lointains? Je déplace un peu la problématique. J’ai bien compris qu’il s’agit, en brandissant un «kil» de rouge, de revendiquer une francitude originelle. Pain, pinard, charcuterie… vous voyez le message dans un pays où – Emmanuel Macron vient de le rappeler ce lundi 11 mai depuis Nairobi, au Kenya – l’arabe est la seconde langue la plus parlée du territoire?

Je me demande juste s’il ne faudrait pas aller un peu plus loin. Faire des agapes du «Canon français» une sorte d’exposition permanente du savoir-faire bleu-blanc-rouge. L’on découvrirait alors très vite que, derrière les chaînes de production de l’Hexagone, se trouvent toutes les nationalités. Lesquelles méritent bien, lorsqu’elles produisent du «made in France», que le peuple trinque à leur santé!

 
 

Une revue, des débats

Bastille, la France a de l'avenir

 

Une revue qui pense l'avenir. Et qui pense la démocratie, un an avant l’élection présidentielle française de mai 2027. Comment ne pas être séduit par le pari éditorial et intellectuel de «Bastille», ce bimestriel mi-littéraire, mi-sociétal, dans lequel il m'est arrivé de publier des reportages? J'en parle parce que son directeur, William Emmanuel, a décidé de ne pas rester les pieds dans le même sabot, en attendant que d'autres prennent la citadelle enviée de l'Elysée. Son initiative? Créer un cercle de réflexion autour du magazine, pour alimenter les candidats en idées et animer le débat politique hexagonal, en sortant de la traditionnelle course de «petits chevaux» des prétendants à la fonction suprême.

Le pitch, avouez-le, est savoureux. «Face au désarroi des citoyens, les dirigeants politiques semblent désemparés», note «Bastille». «Il est nécessaire de revenir aux sources: dès l’origine, en effet, la démocratie est associée à la justice ou, à tout le moins, à la correction d’une injustice. La démocratie va donc au-delà de la seule élection pour désigner ceux qui doivent gouverner la cité. Pour éviter les dérives populistes, il faut faire appel à la raison, s’inspirer des Lumières, afin de faire émerger de nouvelles idées, de nouveaux récits, pour alimenter un imaginaire résolument tourné vers la recherche de solutions pour un monde meilleur.»

L'ancrage est européen. La prise de position est résolument libérale. La volonté est de parler à tous. Les prochaines rencontres seront consacrées à la défense, à l’impact de l’intelligence artificielle sur l’industrie (le 1er juin à l’Ecole des mines de Paris), puis au travail, à la santé et à l’éducation.

Qui veut, aussi, reprendre ces Bastilles?

 A suivre: Les débats du cercle Bastille (redaction@bastillemagazine.com) 

«Pourquoi la guerre?»
Magazine Bastille, n°41

 
 

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