La newsletter qui bouscule la France par Richard Werly |
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Sarkozy en prison, je n'ai rien compris
Je me suis donc trompé. Pire: je n'ai rien compris. Je cite, en écrivant ces lignes, tous ceux qui, depuis le jeudi 25 septembre et l'énoncé du jugement du tribunal de Paris dans l'affaire des fonds libyens, me reprochent de croire dans la version des faits avancée par les juges, et décortiquée dans les 400 pages d'exposé de leurs motivations. Les magistrats, pour rappel, ont reconnu Nicolas Sarkozy coupable «d'association de malfaiteurs». Ils estiment, en résumé, que l'ex-président français ne pouvait pas ignorer les motivations réelles des visites en Libye de ses collaborateurs les plus proches, et leurs rencontres à Tripoli avec plusieurs caciques du régime Kadhafi impliqués dans un attentat passé contre la France. Oui, ont écrit les juges, le défunt dictateur a payé. Oui, des fonds ont traversé la Méditerranée. Oui, l'entourage de Nicolas Sarkozy savait. Oui, un «faisceau d'indices graves, précis et concordants» démontre que le but de ce pacte de corruption était politique. Impossible, en revanche, d'établir l'arrivée de cet argent dans les comptes de campagne du vainqueur de la présidentielle de 2007. D'où sa relaxe des délits de «corruption, recel de détournement de fonds publics et financement électoral illégal».
Je le répète: je n'ai, selon ces lecteurs, rien compris.
Je n'ai pas compris que la vingtaine de juges mobilisés par les différentes affaires dans lesquelles Nicolas Sarkozy est impliqué (prochain rendez-vous le 8 octobre avec le verdict de la Cour de cassation pour le financement illégal de sa campagne de 2012) partagent tous la volonté de l'exécuter politiquement. Je n'ai pas compris que l'exécution provisoire de la peine de prison – contre laquelle il est aujourd'hui impossible de faire appel – est totalement infondée et inacceptable pour un ex-chef de l'Etat accusé d'avoir couvert une opération de financement de la part d'une dictature qu'il a ensuite fait tomber par l'intervention militaire française en Libye de 2011.
Je n'ai pas compris qu'une telle peine instaure, en réalité, un dangereux gouvernement des juges, destiné à priver les Français de leur droit à choisir démocratiquement leurs dirigeants. Et je n'ai pas compris, enfin, que la justice française, dévoyée par la gauche, préfère dépenser ses maigres moyens dans la poursuite d'un ex-président de droite, plutôt que s'en prendre à la délinquance.
Dont acte. Je n'ai rien compris. J'ai juste lu les 400 pages des trois magistrats. J'ai pris connaissance de l'imbroglio des faits et des circuits financiers occultes qui, souvent, passaient par Genève et la Suisse. Et j'ai juste cru qu'après vingt ans de poursuites, menées par un seul enquêteur et un Parquet national financier aujourd'hui assailli de toutes parts, il y avait peut-être, dans le dossier, une part de vérité qui abime bien plus cruellement la République. Bonne lecture, et vive la justice!
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(Pour débattre: richard.werly@ringier.ch) |
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| La condamnation de l'ancien président français Nicolas Sarkozy à 5 ans de prison ferme avec mandat de dépôt différé et exécution provisoire soulève un tollé en France. Les juges ont-ils déraillé? |
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| Nicolas Sarkozy a de nouveau été reconnu coupable par un tribunal français. Cette fois, dans l'affaire des fonds libyens, l'ancien président a été condamné à 5 ans de prison pour «association de malfaiteurs». Retour sur un procès et un jugement hors normes. |
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| Pour la Russie, l'échec de la présidente moldave Maia Sandu aux élections législatives du dimanche 28 septembre aurait marqué un succès décisif. Mais dans les urnes, la perspective d'entrée dans l'UE a pesé plus lourd. L'Europe respire. |
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| Philippe de Villiers se bat, en France, pour organiser un référendum sur l'immigration. Il le propose dans une pétition déjà signée par près de 2 millions de personnes. En février dernier, notre podcast Helvetix Café avait débattu de ce sujet. |
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De Villiers met le feu, Castex répare |
Philippe de Villiers a une mission. Pour cet ancien ministre vendéen très catholique, créateur du spectacle historique du Puy du Fou et «parrain» politique de l'actuel ministre français de l'Intérieur Bruno Retailleau, les électeurs doivent impérativement se prononcer sur l'immigration. Résultat: une pétition déjà signée, selon ses partisans et les médias qui le soutiennent, par presque deux millions de personnes, pour demander que la question de l'accueil des étrangers en France soit soumise au vote.
Auteur de best-sellers sur la disparition de la culture tricolore et de la mémoire républicaine, de Villiers croit au barrage électoral, en plus de la fermeture des frontières. Plus possible, selon lui, de laisser le seul Parlement s'emparer de l'explosif sujet migratoire. Seul le peuple peut mettre le holà à la «submersion». Ce que le Rassemblement national (droite nationale populiste) a déjà approuvé, sans formuler de question convaincante. En France, l'article 11 de la Constitution permet, rappelons-le, d'organiser un référendum sur «tout projet de loi portant sur l'organisation des pouvoirs publics, sur des réformes relatives à la politique économique ou sociale de la nation et aux services publics qui y concourent». Avec, depuis la révision constitutionnelle de 2008, la possibilité d'imposer l'examen d'un référendum aux parlementaires si une demande est portée par au moins un dixième des électeurs, soit environ 4,6 millions de Français.
Je ne sais pas s'il faut croire les détracteurs de Philippe de Villiers, qui dénoncent l'absence de contrôle des signatures à sa pétition. Je pense toutefois que, quitte à passer par le référendum, d'autres sujets pourraient accompagner une consultation sur l'immigration. Imaginez, par exemple, un référendum sur la SNCF, ce pilier ferroviaire de la République à la tête de laquelle vient d'être nommé l'ancien Premier ministre Jean Castex. Objectif: défendre les lignes rurales. En finir avec le tout TGV. Redynamiser la complémentarité train-bus, à la mode helvétique. Philippe de Villiers est l'incendiaire de la République. Castex, à la SNCF peut en devenir l'un des réparateurs en chef, dans un pays miné par la dégradation de ses services publics.
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| SUR LCI, LA POLITIQUE SELON ANNE NIVAT |
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| SUR FRANCE INFO, LA MOLDAVIE ET LES DRONES, DÉFIS EUROPÉENS |
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| SUR FRANCE INTER, LE REGARD ÉTRANGER SUR LE JUGEMENT SARKOZY |
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La France dans la nuit arabe |
Une biographie sert d'abord à cela: replacer la vie et l'œuvre d'une personnalité dans le contexte de son histoire personnelle, et de l'Histoire avec un grand H. Or c'est exactement ce qu'a réussi à faire Eric Roussel dans le livre de près de 400 pages qu'il vient de consacrer à Jacques Benoist-Méchin, intitulé «Jusqu'au bout de la nuit» (Ed. Perrin).
Cette nuit, dans le cas de cet essayiste brillant qui traversa le siècle dernier (1905-1983), fut celle de deux obscurités. La première, terrible, qui valut à Jacques Benoist-Méchin d'être condamné à mort en juin 1947, fut celle de sa participation au régime de Vichy et à l'impardonnable persécution des Juifs de France. La seconde fut, à partir des années 50, la reconversion de ce brillant intellectuel, admirateur de l'Allemagne et historien de l'armée allemande, en conseiller de l'ombre pour les régimes arabes. «L'Orient n'avait pas de secrets pour Benoist-Méchin écrit l'auteur, en relatant le parcours de celui qui signa une biographie remarquée d'Ibn Séoud et de son royaume bédouin, l'Arabie saoudite. Il en connaissait l'Histoire, les divisions, les rivalités qui le minent.» Son véritable héros est l'Egyptien Gamal Abdel Nasser, qu'il compare à Napoléon Bonaparte, ce général qui, lors de sa campagne d'Egypte de 1798, avait perçu l'importance stratégique des eaux du Nil.
Jacques Benoist-Méchin incarna, comme trop de grands intellectuels français, cette double ambivalence meurtrière. Toujours distant envers la République, présumée bien plus faible que les dictatures. Et toujours tenté d'accuser les Juifs et Israël en donnant la prime aux nationalismes arabes, pour façonner une politique française indépendante, au Moyen-Orient, de celle conduite par les Etats-Unis.
Biographe chevronné, Eric Roussel nous raconte, à travers son personnage, toute une époque sur laquelle flotte toujours, en France, le fantôme du Maréchal Pétain, de la Seconde Guerre mondiale et de Vichy. En rendant à son personnage aussi brillant que controversé un hommage éloquent: «Il fut l'un des premiers à deviner, dès les années 50, que l'Occident serait bientôt l'objet d'un rejet massif des pays du tiers-monde et paierait très cher la supériorité qu'il avait si longtemps affichée.» Une vérité devenue éclatante en 2025.
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| «Jusqu'au bout de la nuit» Jacques Benoist-Méchin (Ed. Perrin) |
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