La newsletter qui bouscule la France par Richard Werly |
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Loi Duplomb, vrai-faux référendum
Ils veulent pouvoir dire «non». Ou «oui». L'évidente leçon de la pétition contre la loi Duplomb sur l'agriculture – plus d'un million de signatures – est que les Français sont sacrément têtus. Pas question, pour une très grande partie d'entre eux, de laisser décider un Parlement soumis à l'influence des lobbies, ce qui est aussi le cas en Suisse et dans la plupart des pays démocratiques. Ces Français-là estiment qu'ils ont leur mot à dire. Alors, pourquoi ne pas leur poser cette question simple: «Faut-il réintroduire certains pesticides pour que l'agriculture survive?» Et pourquoi ne pas ouvrir, après l'avoir posée, un débat national aux vertus aussi pédagogiques qu'écologiques sur les conditions requises pour l'autosuffisance alimentaire d'un pays comme la France?
La controverse sur la loi Duplomb, définitivement adoptée le 8 juillet à l'Assemblée nationale par 316 voix contre 223, est malheureusement la caricature de cette envie référendaire bafouée, frustrée, puis sans cesse remise au placard après avoir été attisée par Emmanuel Macron lui-même. Qui a, dans ses vœux du 31 décembre, promis de consulter ses compatriotes? Et pourquoi donc François Bayrou n'a-t-il pas proposé, lors de son inventaire pré-faillite du 15 juillet, de consulter les Français sur une ou deux mesures budgétaires, comme la suppression envisagée d'un certain nombre d'agences publiques, le retour possible d'un impôt sur la fortune ou l'abandon proposé de deux jours fériés (moyennant, par exemple, une revalorisation salariale)?
La défense d'une agriculture solide, rémunératrice et compatible avec la défense de l'environnement est un enjeu de société. Les électeurs français sont tout à fait capables de le comprendre et de s'exprimer en connaissance de cause. Au lieu de cela, chaque lobby fourbit ses armes. Les syndicats paysans font pression sur les élus. Les écolos pétitionnent et obtiennent un second vrai-faux débat à l'Assemblée.
Et pendant ce temps-là, les colères... Bonne lecture, avec ce pauvre Martin!
(Pour débattre: richard.werly@ringier.ch) |
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| François Bayrou a démarré ses annonces budgétaires en mettant le pays en garde contre «un scénario à la grecque». Juste. La France est bien la nouvelle Grèce. Mais elle n'est pas prête à se réformer, juge notre journaliste Richard Werly. |
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| Le Premier ministre français François Bayrou a tracé les pistes pour réaliser 44 milliards d'euros d'économies budgétaires en 2026. Pas sûr que les mesures annoncées permettent d'y parvenir de façon durable. |
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| La journaliste suisse Catherine Schwaab, longtemps à Paris-Match, a bien connu Thierry Ardisson dont les obsèques ont lieu ce jeudi à 16 heures à Paris. Elle le raconte à sa manière: rock ! |
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| Retraites, suppression de jours fériés, réduction de la dette publique et maintenant retour de certains pesticides avec la loi Duplomb. Mais pourquoi prive-t-on les Français, sur ces sujets, de ce qu'ils aimeraient avoir: le droit de dire oui ou non. |
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«Bien sûr, le peuple attend que Poulidor, que l'on a très longtemps fait passer pour un sans-culot, prenne la Bastille.» 14 juillet 1954. Comme chaque année depuis l'après-guerre, Antoine Blondin chronique le Tour de France. Raymond Poulidor à l'assaut de Jacques Anquetil. L'éternel second face à l'invincible N°1. L'histoire de la «grande boucle» est remplie de ces duels légendaires. Le Slovène Tadej Pogačar est l'Anquetil de 2025. Avec, dans son sillage, un outsider néerlandais nommé Mathieu van der Poel, petit-fils de Poulidor (décédé en novembre 2019).
Prendre la Bastille sur son vélo. Gravir les cols des Pyrénées et des Alpes. Dompter le Mont Ventoux. Le Tour de France fait partie de ces moments qui réunissent la République, comme je l'avais constaté en juillet 2023, entre Annemasse et Morzine. Ma conclusion d'alors? «J’ai rencontré un pays en liesse, écrasé de chaleur, venu dans la bonne humeur fêter son épreuve sportive reine.» Une France rêvée, loin des émeutes urbaines qui empoisonnent l'été sur fond de trafic de drogue, sorti malheureusement vainqueur des opérations policières «Place nette XXL» de 2023. Une France vacancière, oublieuse de l'alarme budgétaire entonnée voici quelques jours par François Bayrou. Un pays que les Jeux olympiques, il y a bientôt un an pile, nous ont permis de redécouvrir avec envie.
Les lecteurs qui me reprochent de critiquer durement la France ont mille fois tort de croire que je suis désormais accro au «french bashing». Au contraire. Tous les correspondants de médias étrangers à Paris vous le diront: plus la France est forte, plus elle réussit, plus elle se transcende et plus elle nous épate, mieux c'est! Surtout vue de Suisse romande. La France rêvée du Tour – dopée ou pas – est toujours une bonne nouvelle. |
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| SUR TV5 MONDE, LA REMONTADA BUDGETAIRE EN QUESTION |
François Bayrou peut-il y arriver? Blick tient le compteur. |
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| DANS COURRIER INTERNATIONAL, LA FACTURE MILITAIRE FRANCAISE |
Une édition spéciale 14 juillet sur les dépenses de la Défense, avec Blick. |
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| SUR AGORAVOX, LA REVOLUTION TELEVISUELLE ARDISSON |
Le regard de Blick salué par le média citoyen. |
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Tricolore «jusqu'au slip» |
Vous vous souvenez de Coluche dans «Tchao Pantin»? Nous sommes en 1983 et le comique le plus populaire de France, transformé en ex-flic paumé et révolté, lâche: «J'étais un gros con de flic, inspecteur Lambert, tricolore jusqu'au slip.» Bienvenue dans l'univers de «Bleus, blancs, rouges» de Benjamin Dierstein (Ed. Flammarion). Un polar qui raconte la France d'avant. Celle des années 60 et 70. Celle qui, quelque part, s'achève le 2 novembre 1979. Ce jour-là, Jacques Mesrine est criblé de balles par la police, porte de Clignancourt à Paris. Il était l'ennemi public n°1. Il savait que la mort violente serait au rendez-vous. Il l'avait cherché. Son nom demeure, écrit en lettres de sang, comme l'un des marqueurs de cette France présidée par un technocrate aussi arrogant que réformateur: Valery Giscard d'Estaing.
Ce roman est un pavé parisien. Il en a le poids. Pas de romantisme façon Jean-Claude Izzo ou Manuel Vázquez Montalbán, les pères respectifs de Fabio Montale et Pepe Carvalho. Dierstein aime raconter les flics piégés par leur clanisme, (corse ou gaulliste, ou les deux), les commissaires qui règnent sur leur cheptel en roitelets, les indics qui se font tabasser à grands coups de latte, les premières femmes flics confrontées au sexisme et au machisme, qui refusent de coucher pour faire carrière.
On défouraille chez Dierstein. On flingue. On suit VGE, ce président si loin des gens, pratiquer le safari en Centrafrique avant de finir dans les bras de Catherine Bokassa, l'Impératrice (toujours vivante aujourd'hui) de ce qui fut l'Oubangui-Chari. Mai 68 a fait bouillir la cervelle de la jeunesse bourgeoise. Elle veut du sexe à gogo, de l'égalité, et des rêves à profusion. Les Internationales révolutionnaires financées par Moscou se chargent de l'approvisionner. Paris n'est pas une fête chez Benjamin Dierstein. C'est un volcan en éruption dont les parrains se nomment Edgar Zemmour (pour les jeux et les filles), Tany Zampa (pour la came) et Régine (pour la nuit).
Dix ans plus tard, «La Boum» triomphe au cinéma. La France de Mesrine a accouché de celle de Sophie Marceau. La suite de «Bleus, blancs, rouges» ne devrait pas tarder. (Chronique déjà publiée le 1er juillet) |
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| «Bleus, blancs, rouges» Benjamin Dierstein (Ed. Flammarion) |
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