La newsletter qui bouscule la France par Richard Werly |
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La dette, la présidence et les doutes
Il arrive, aux Etats-Unis, que l'on ne parle pas de Donald Trump. A vrai dire, la plupart des Américains que je rencontre depuis mon arrivée au pays de l'Oncle Sam, où j'achève quelques jours de reportage en vue des élections de mi-mandat du 3 novembre, n'ont pas du tout envie de parler de la guerre en Iran ou de leur président. C'est sur la France qu'ils m'interrogent en cette rentrée très politique.
Alors, après Macron? Alors, Marine Le Pen déjà à l'Elysée? Mélenchon est-il un communiste? Je dois donc, à chaque fois, rembobiner le film. Dire que rien n'est joué et qu'il ne faut pas confondre sondages et décisions de vote, lorsque le moment sera venu de déposer son bulletin dans l'urne. Après avoir bien insisté sur une différence: le chef de l'Etat français, contrairement à Trump, qui laisse planer le doute, laissera bien la place à son successeur le 2 mai 2027. Comme la Constitution l'impose...
Sauf qu'une autre question m'a été plusieurs fois posée. Et si la France, d'ici là, faisait faillite? J'ai ri en entendant mes interlocuteurs – un avocat d'affaires de Topanga Canyon, près de Los Angeles, un universitaire de Missoula, dans le Montana –, car je me souviens d'un livre de mon ami Philippe Ries et de Philippe Jaffré qui avait le même titre, voici pile vingt ans («Le jour où la France a fait faillite», éditions Grasset). Et puis j'ai réfléchi: voilà, bien sûr, la variable qui peut tout changer. Celle qui peut, en pleine campagne présidentielle, faire voler en éclats les stratégies électorales. Imaginez que les créanciers de la France tirent le signal d'alarme et que les taux à dix ans (ils ont franchi, le 17 août, la barre des 4%, record historique depuis 20 ans) décollent comme une fusée SpaceX d'Elon Musk? Les patrons du CAC 40, l'indice boursier français, se jetteront alors dans la bataille de façon bien moins courtoise que lors des journées du MEDEF, les 26 et 27 août à Roland-Garros. Ils monteront au filet. La Banque centrale européenne s'imposera comme arbitre...
Cette rentrée n'est pas celle des nouveaux candidats de gauche Raphaël Glucksmann ou Olivier Faure, tous deux candidats à la primaire du PS. Elle est celle de la dette française, dans un pays que le Premier ministre Sébastien Lecornu maintient dans un coma financier dépassé. Le leader de La France insoumise (LFI) a allumé la mèche en proposant d'annuler 18% des 3536 milliards d'euros dus par la France à ses bailleurs de fonds. «Et vous pensez qu'ils vont se laisser faire?» m'a demandé mon avocat américain.
Bonne lecture, avec ou sans money!
(NB: C'est reparti pour une nouvelle saison! Aidez-moi à faire connaitre cette newsletter qui est aussi la vôtre. N'oubliez pas de télécharger l'application de Blick. Et préparez vos oreilles à un podcast remanié. Helvétix Café devient tout simplement… Républick, comme cette lettre. Avec de super invités. Rendez-vous dès le 14 septembre. Idées, commentaires, critiques? Ecrivez-moi: richard.werly@ringier.ch)
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| En octobre, Raphaël Glucksmann participera à la primaire présidentielle organisée par le Parti socialiste français. Mais pour remporter cette première épreuve, le candidat social-démocrate devra dissiper le malaise engendré, dans son camp et au-delà, par ses 5 erreurs. |
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| Le «non» des Islandais à la reprise de négociations d'adhésion avec l'Union européenne ne peut pas être comparé au prochain référendum suisse sur les bilatérales, estime notre journaliste. |
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| Le gouvernement islandais semble avoir perdu son pari. Le «non» à la reprise de négociations avec l'Union européenne, défendu par le camp nationaliste et porté par les inquiétudes sur la pêche, l'a emporté sur le fil du rasoir. Mais le pays est fracturé. |
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| Plus pauvre la France en 2026? Oui |
L'appauvrissement du pays est une réalité. Mais aussi un ressenti très politique. |
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Dragon Ball, épitaphe de Jupiter
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Je ne sais pas quoi penser de ces chiffres. Convaincre l'Arabie saoudite, via son prince héritier, d'investir 6 milliards d'euros dans trois parcs d'attractions construits en France peut apparaître comme un joli succès. Pour Emmanuel Macron, père des sommets «Choose France », l'affaire est même entendue. Merci Mohammed Ben Salman, alias MBS! «Jupiter» termine donc son second mandat avec de belles promesses et des perspectives emplois, paraît-il, pour 22'000 personnes pour construire et exploiter ces parcs touristiques.
Difficile, toutefois, de voir dans le futur Dragon Ball Park – évoqué en coulisses, mais non mentionné dans le document officiel – une victoire du savoir-faire français. Un héros de manga japonais. Une popularité sans faille auprès des plus jeunes pour ce petit garçon doté d'une queue de singe et d'une force extraordinaire, à la recherche des sept boules de cristal. Et après? Quel est le message? A-t-on consulté le dessinateur Akira Toriyama? La France, déjà saturée par 102 millions de visiteurs étrangers en 2025, a-t-elle intérêt à devenir le porte-avions des mangas qui détournent les jeunes d'autres types de lectures? Disneyland Paris, habitué à flirter avec la catastrophe financière et toujours pas rentabilisé par Disney depuis son ouverture en 1992, ne devrait-il pas inciter à la prudence?
Le paradoxe est que le président français n'aura, de toute façon, pas grand-chose à voir avec ces trois parcs d'attractions. Il sera parti bien avant la pose de leur première pierre. Son vrai bébé est en Arabie, où la France a beaucoup parié sur la cité archéologique d'AlUla, via l'Agence française Afalula pour le développement du site, présidée par l'ancien ministre Jean-Yves Le Drian. Or, là-bas, les plans sont revus à la baisse. MBS préfère mettre le paquet sur son Exposition internationale 2030 à Riyad. Peut-être que Jupiter devrait relire Dragon Ball et méditer la devise de Son Goku, l'un de ses personnages: «La vraie puissance vient du besoin, non du désir.»
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Pierre Hazan est un journaliste qui a, depuis longtemps, fait de la mémoire et de la justice son fertile terrain d'écriture. Pas étonnant, donc, de le retrouver en train de tirer les fils de sa famille et de ses racines à la fois arabes et juives. Tout, dans la fresque familiale contée par son dernier livre, dit les blessures accumulées par l'histoire. Il fut un temps où le passé scellait les alliances et les projets communs. Nous sommes maintenant face à un avenir qui, au Moyen-Orient, paraît voué à creuser des précipices.
Lire «Les Juifs, les Arabes, ma famille et moi» a l'immense mérite de nous obliger à faire un pas de côté et à oublier l'actualité. En deux siècles d'histoire familiale, l'auteur genevois nous démontre combien l'ingéniosité humaine, dans chaque communauté, a consisté, au fil des siècles, à mélanger les identités, à forger des compromis, à essayer d'être soi-même en acceptant l'autre. Or, cela a fonctionné pour les Juifs nés en terre arabe. Jusqu'à ce que des luttes qui n'étaient pas les leurs s'emparent de leur destin.
Il faut suivre Moshe, le rabbin parti de Jérusalem en 1843. Puis Daoud, le grand-oncle de l'auteur, à la fois nationaliste égyptien et sioniste. Puis Maurice, l'un des grands-pères de Pierre, à la fois juif, arabe et britannique. Tous étaient à la croisée de plusieurs chemins. Sauf que ceux-ci ont divergé au point de ne plus permettre de tels parcours, en forme de traits d'union entre mondes et religions.
Les plus optimistes verront dans le livre de Pierre Hazan un appel à renouer avec cet espoir de compréhension mutuelle. Les autres, dont je suis, le verront plutôt comme un testament après ce séisme pour les deux communautés, arabes et juives, que sont l'assaut terroriste du Hamas le 7 octobre 2023 et l'impitoyable guerre à Gaza qui se poursuit, sans parler des exactions des colons israéliens en Cisjordanie. Vivre comme a vécu la famille Hazan n'est, peut-être, malheureusement plus possible que dans les livres. Et sous la plume des héritiers d'un passé révolu.
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«Les Juifs, les Arabes, ma famille et moi», de Pierre Hazan Editions Textuel, 240 pages, 22 euros. |
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Et dans le reste du monde |
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Chaque semaine, nos rédactions de Lausanne et Zurich racontent les méandres de l'actualité internationale. Découvrez l'effroi des sauveteurs suisses dans l'Himalaya et faites connaissance avec Natalie, la confidente de Trump… |
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| Depuis Katmandou, Kamal Baral coordonne l'aide apportée par la Croix-Rouge suisse aux victimes des inondations dévastatrices qui ont frappé le Népal. Il fait le point sur la situation pour Blick. |
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| Longtemps discrètement postée aux côtés du président américain, cette jeune femme de 35 ans est devenue le sujet de toutes les conversations aux Etats-Unis depuis qu’un sénateur démocrate a fait allusion à sa relation étrange avec Donald Trump. |
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| Le Kremlin change de stratégie dans la guerre en Ukraine. Les forces russes ne semblent plus attendre que le terrain soit dégagé pour lancer leur offensive finale. |
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