La newsletter qui bouscule la France par Richard Werly |
|
|
Donald et la parade
Emmanuel Macron l'a redit lors de son discours aux armées, le 13 juillet, veille de la fête nationale et du défilé militaire sur les Champs-Elysées: l'Europe doit s'armer. Et la France, s'il le faut, doit être prête à défendre, «la liberté et le droit, au prix du sang s'il le faut». Soit. Mais c'est le reste du discours présidentiel qui devrait retenir l'attention de tous ceux qui scrutent l'horizon militaire européen. Aucun appel à une stratégie industrielle commune. Une larme versée rapidement sur l'enterrement du SCAF, le projet franco-allemand d'avion de combat du futur. Une exhortation lancée aux entreprises d'armement pour qu'elles n'attendent pas toujours de remplir leur carnet de commandes publiques. Le spectre de Donald Trump pesait autant sur les paroles du président français qu'il pèsera, ce mardi 14 juillet, sur les unités de soldats italiens, allemands et ukrainiens qui défileront dans Paris au nom de l'Europe de la défense. Qu'on le veuille ou non, le réveil stratégique européen peine à se matérialiser au-delà des mots.
L'Europe présente les armes. Mais elle reste en réalité désarmée, au point qu'elle continue d'acheter en masse du matériel américain. Désarmée, au point de regarder les prouesses militaires ukrainiennes comme un modèle, sans comprendre que Kiev consacre 40% de sa richesse nationale à ses armées, sous toutes leurs formes. Loin, très loin, des 2 à 5% du produit intérieur brut que réclame Donald Trump à ses alliés de l'OTAN.
Donald et la parade du 14 juillet. Souvenirs. En 2017, l'année suivant sa première élection, le président des Etats-Unis était l'invité d'honneur d'Emmanuel Macron. Il en est reparti avec l'idée d'organiser son propre défilé «à la française». Neuf ans se sont écoulés. La guerre en Ukraine nous a tous enlisés. La guerre en Iran menace, via le détroit d'Ormuz, de nous infliger un naufrage pétrolier. Le locataire de l'Elysée, qui a de nouveau déclaré sa flamme aux militaires dans son discours, sait que les 30 milliards d'euros d'augmentation prévus pour le budget français de la défense ne changeront pas l'équation. L'Allemagne, elle, investit par dizaines de milliards d'euros. Les fabricants d'armes américains sont repartis du dernier sommet de l'OTAN à Ankara avec 43 milliards de dollars de commandes. Désarmée, l'Europe-puissance fait une excellente cliente.
Bonne lecture, en chantant la Marseillaise!
(Pour débattre: richard.werly@ringier.ch) |
|
|
|
| Plus de 800 hectares de forêt brûlés dans la région de Fontainebleau, au sud de Paris. Le trafic ferroviaire vers la Suisse interrompu ou retardé. Et des suspicions d'actes criminels de plus en plus fréquentes. La France des pyromanes est-elle une réalité? |
|
|
|
| Tous deux ont assumé la fonction de premier ministre sous la présidence d'Emmanuel Macron. Tous deux se disputent son héritage en vue de la présidentielle 2027. Tous deux sont candidats à l'Elysée. Portrait d'un duel impitoyable. |
|
|
|
| Le jeune président du Rassemblement national est désormais le faire-valoir de Marine Le Pen dans la course à l'Elysée. Logique, vu que sa patronne est redevenue éligible. Mais de quoi lui donner un sacré coup de blues. |
|
|
|
| La révolution Blick, épisode 2 |
Manon Bornand dirige les contenus numériques de Blick. Elle raconte nos ambitions, nos défis, et les risques que l'IA fait peser sur tous les médias. |
|
|
|
La France en bleu (pas black-blanc-beur) |
Maintenant que nos larmes helvétiques ont séché, après la défaite de la Suisse face à l'Argentine, ne dites pas que vous ne vous êtes pas, à un moment ou à un autre, posé la question. Et pourquoi, après tout, ne pourrait-on pas s'interroger sur la prédominance de joueurs d'origine africaine dans l'équipe de France de football qui disputera ce mardi 14 juillet sa demi-finale du Mondial?
Faudrait-il s'interdire d'enquêter pour comprendre et regarder la réalité en face? Celle-ci est pourtant simple. Le onze tricolore, alias les Bleus, est à l'image des centres sportifs des grandes métropoles françaises. Le foot, ascenseur social par excellence, attire les jeunes Français issus de l'immigration. Lesquels, ce faisant, dominent les compétitions toutes catégories par leur talent et leur volonté. Pas de débat. Cette France n'est pas black-blanc-beur, comme on le disait un peu rapidement en 1998, lors de la première victoire française en Coupe du monde. Elle est la France des Bleus. Elle se bat pour gagner. Un point, c'est tout.
Reste maintenant à profiter de ce symbole, que renforcerait à coup sûr une victoire dans la nuit américaine du 14 juillet. Cette France métissée du football a des devoirs qu'elle doit aussi assumer. Contre le communautarisme. Contre les dangers d'une mauvaise interprétation du slogan «Nouvelle France» brandi par la gauche radicale. Contre le repli des quartiers sur eux-mêmes et l'exclusion progressive des jeunes Blancs des centres de formation. La polémique sur la légitimité et le patriotisme des footballeurs menés par Didier Deschamps et Kylian Mbappé n'a aucun sens. Elle est détestable. Le questionnement sur le chemin à parcourir pour retrouver une plus grande diversité doit être accepté. La France peut gagner en bleu le 19 juillet, après avoir battu l'Espagne ce mardi en demi-finale. L'ancien Premier ministre espagnol Mariano Rajoy, tristement prompt à évoquer une équipe «sans Français» serait alors doublement battu. Sur le terrain et sur celui de la République.
La France des Bleus ne vaincra vraiment que si son message, à travers le ballon rond, reste celui de l'émancipation, de l'émulation et du collectif. Quelle que soit la couleur de peau. |
|
|
|
De Gaulle, le sursaut et Jim Morrison |
J'ai un faible pour les essais de Nicolas Bouzou. Bien écrits. Faciles à lire. Et toujours bien construits autour d'une idée. Cette mécanique me fait penser, parfois, à celle des meilleurs romans de gare ou aux ouvrages historiques qu'écrivait autrefois à la chaîne (ou presque) l'académicien Max Gallo.
Rendez-vous donc, au fil des pages de «L'Eternel sursaut», avec ces moments de l'histoire de France qui ont déjoué un destin apparemment programmé. On pense bien sûr à Jeanne d'Arc, l'héroïne dont se réclamait le général de Gaulle, bien campé par Simon Abkarian dans le film d'Antonin Baudry, que je vous recommande également.
En bon économiste libéral, Nicolas Bouzou a un faible pour ceux qui se sont employés à redresser la France. Henri IV, le protestant converti. Napoléon III, l'empereur amoureux de l'industrie. J'ai appris, en le lisant, le rôle crucial que joua dans le renouveau économique de la France la loi du 24 juillet 1867, qui simplifia (déjà) la création d'entreprises. «C'était une révolution libérale silencieuse, comme la France, quand elle est bloquée, en a le secret», écrit l'auteur. A bon entendeur...
Vous me direz que ce «sursaut» n'a rien à voir avec le second livre que je vous recommande. Et pourtant. N'est-ce pas cette France aussi, celle qui vous surprend toujours, qui attira Jim Morrison, le chanteur des Doors, décédé à Paris le 3 juillet 1971?
Yves Bigot, ancien président de TV5 Monde, a plongé dans les archives. Il a épluché les témoignages. Il fait revivre tous les protagonistes de ce drame, dont l'énigmatique dealer aristocrate Jean de Breteuil, qui aurait fourni à Jim Morrison l'héroïne soupçonnée de l'avoir tué. Tout sonne juste, même si le découpage des chapitres déroute parfois. L'auteur, passionné de musique et des «seventies», nous raconte par le menu la descente aux enfers de cette icône du rock, fils d'un amiral américain, dont la tombe est toujours l'une des plus fleuries du cimetière du Père-Lachaise, à Paris. Jim Morrison jouait, on le sait, de son côté christique. Il se plaisait à fréquenter les intellectuels français.
J'ose imaginer ce qu'aurait pu être un dialogue entre cet Américain si excédé par son propre pays et Nicolas Bouzou, qui ne désespère pas de voir le sien nous surprendre par un nouveau sursaut. «Notre pays souffre psychologiquement et politiquement parce qu'il est travaillé par des émotions négatives», écrit-il. 2027, année présidentielle positive et sans overdose? |
|
|
|
| «L'Eternel sursaut» Nicolas Bouzou (éd. XO) |
|
|
|
| «Jim Morrison, Strange Days in Paris» Yves Bigot (éd. Le Mot et le Reste) |
|
|
|
Et dans le reste du monde |
|
|
|
| Donald Trump a donc choisi de frapper fort. Mais s'il ne parvient pas à éliminer les bases de tirs de missiles iraniens, et à sécuriser le trafic maritime, le piège du détroit d'Ormuz se refermera sur lui. Et sur nous. |
|
|
|
| Le président des Etats-Unis reprend ses frappes à sa guise. Il arme Zelensky avec notre argent. Mais il continue de ménager Poutine pour mettre l'OTAN à sa botte. Bien joué? |
|
|
|
| La reprise des frappes américaines sur l'Iran répond officiellement aux tirs de Téhéran sur des navires marchands. Mais le régime iranien paie une autre erreur: avoir mobilisé les foules pour les funérailles de son Guide suprême. |
|
|
|
PARTAGEZ CETTE NEWSLETTER! |
Merci de nous lire! Vous aimez cette newsletter? N'hésitez pas à la recommandez à vos contacts. |
|
|
|
|
Copyright © 2026 Ringier AG, All rights reserved.
Une newsletter produite par Blick Suisse romande
Ringier AG, Blick
Avenue de Rumine 20, CH-1005 Lausanne, Suisse
Vous souhaitez modifier vos abonnements aux newsletters de Blick?
Mettez à jour vos préférences ou désabonnez-vous en cliquant ici.
Vous pouvez également ouvrir la newsletter dans votre navigateur.
|
|
|
|
|
|