Et si Xavier Niel (58) se lançait dans la course à l'Elysée en 2027? La question a peut-être de quoi surprendre, vu le profil du personnage, à la fois milliardaire du numérique et des télécoms, et gendre de l'un des hommes le plus riche du monde, Bernard Arnault, dont il a épousé la fille Delphine.

La newsletter qui bouscule la France par Richard Werly

 

Xavier Niel, une colère si présidentielle

Et si Xavier Niel (58 ans) se lançait dans la course à l'Elysée en 2027? La question a peut-être de quoi surprendre, vu le profil du personnage, à la fois milliardaire du numérique et des télécoms, et gendre de l'un des hommes les plus riches du monde, Bernard Arnault, dont il a épousé la fille Delphine. Niel à la conquête du suffrage universel, ce serait un peu Rockefeller au pays des sans-culottes et des «gilets jaunes». Le procès de sa fortune et de son ascension, passée par quelques années à profiter du minitel rose (pour les plus jeunes, une sorte de Tinder payant disponible sur l'écran noir et blanc d'une boite en plastique affublée d'un clavier) serait aussitôt instruit sur la place publique. Un régal assuré, pour les partisans de la guillotine anticapitaliste.

N'empêche: je ne peux pas m'empêcher de penser que le fondateur de Free, ancien pilier de l'actionnariat du journal «Le Monde» (il a transféré toutes ses actions sauf une à une fondation), est démangé par le virus du pouvoir par le peuple. J'en veux pour preuve sa colère, très politique, lors de son audition, le 2 avril, par la Commission d’enquête sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public de l'Assemblée nationale. Pas question, pour ce magnat outragé, d'accepter les accusations mensongères du rapporteur Charles Alloncle, ce député de l'Hérault qui pourfend les dérives vraies ou imaginaires de la radio et de la télévision publique. Pas question d'apparaitre comme un profiteur sonnant et trébuchant du système, via la société de production Mediawan dont il est l'un des actionnaires. Xavier Niel, en chemise blanche, sans cravate, a ce jour-là sorti le sabre. Et ses coups ont fait mouche.

M'est alors revenue en tête cette affirmation d'un éminent journaliste parisien, vétéran des cercles de pouvoir: «Niel adorerait se retrouver à l'Elysée pour une seule raison: y attendre son beau-père Bernard Arnault sur le perron, en haut des marches.» La revanche familiale et sociale: ce moteur imparable des guerres politiques.

Bonne lecture, au nom des millionnaires!

(Pour débattre: richard.werly@ringier.ch)

Et dans les médias?

Retrouvez-moi dans «Le club international de 28 minutes» sur Arte avec Renaud Dely, dans «Tout est politique» sur France Info TV avec Myriam Encaoua, dans BFM TV Week-end avec Emilie Broussouloux et dans «Ils refont la France» sur RTL avec Vincent Parizot.

 

Le top 3

 

Edouard Philippe peut-il vraiment être élu président?

L'ancien Premier ministre, réélu maire du Havre, est en position de force. Son objectif: s'imposer comme le successeur naturel d'Emmanuel Macron pour séduire l'électorat centriste. Possible? Pas si simple pour celui qui provoqua la crise des Gilets jaunes.

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Les Etats-Unis veulent pendre l'Europe

Cela ne fait plus de doute après son discours sur la poursuite de la guerre en Iran. Une crise majeure en Europe ferait les affaires de Donald Trump. Pour le président des Etats-Unis, nous devrons payer cher la facture de ce conflit. C'est normal et bon pour l'Amérique.

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L'Europe est à la merci des attentats téléguidés par l'Iran

Il voulait mettre le feu au bureau parisien de la «Bank of America» à Paris. L'adolescent de 17 ans a été arrété. Il avait été recruté par messagerie. Le début d'une vague d'attentats activée par l'Iran? L'Europe peut le redouter.

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PODCAST

Comment arrêter le RN?

Replay de notre conversation sur le parti de Marine Le Pen avec Victor Mallet, du «Financial Times».

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Top ou flop?

 

FLOP

Bleu (étoilé), blanc et rouge

Ils n'en veulent pas. Alors, ils le rangent dans le placard de leurs mairies. Combien sont-ils, ces maires Rassemblement national (RN, droite nationale populiste) à avoir, depuis leur élection à l'issue des municipales des 15 et 22 mars, retiré le drapeau européen étoilé du fronton de leur hôtel de ville? Je n'ai pas compté. J'ai juste lu, sur le site toujours bien informé de la chaîne Public Sénat (que je vous recommande), les noms de Carcassonne, Cagnes-sur-Mer ou Harnes (Pas-de-Calais). Vive le Bleu-Blanc-Rouge solitaire. Et pas de problème légal à craindre:  aucun texte «n’impose ce pavoisement tout au long de l’année». A une seule exception prés, le 9 mai, pour la journée de l'Europe.

Ils n'en veulent pas, et je dois dire que cela ne me choque pas. Arborer les couleurs de l'Union européenne (UE), dont la France est un pays fondateur, ne doit pas être une peine pour ceux qui sont élus. Mais dans ce cas, pourquoi ne pas consulter les électeurs? Imaginez, dans les communes concernées, un référendum local sur l'Europe qui permettrait, enfin, d'enraciner le débat sur les vertus et les défauts de l'UE au niveau local. La Commission européenne pourrait, tout de suite, proposer cela au gouvernement français. Des fonctionnaires bruxellois francophones seraient priés de se rendre d'urgence dans les communes concernées pour défendre «l'acquis communautaire», pour écouter le ressenti des citoyens, et pour y converser avec les élus autrement qu'avec un carnet de chèques en main.

Cette riposte-là, politique et pédagogique, aurait bien plus d'allure que le simple «L'Europe paie, alors remerciez là!». Qui prendra l'initiative de proposer, aux administrés de ces municipalités RN, un futur drapeau bleu (étoilé), blanc et rouge?

 

Un livre, un débat

Paris, Malgré tout...

 

Ce petit livre n'est pas un portrait de Paris comme les autres. Et pour l'avouer d'emblée, je ne devrai pas, en théorie, vous le recommander.

Avoir l'honneur d'accueillir Philippe Meyer, journaliste, chansonnier, polémiste et auteur, dans la collection «l'Ame des peuples» que je dirige depuis 2013 mérite toutefois un (modeste) conflit d'intérêt. Car Paris est naturellement dans le collimateur des Suisses, dont le Centre culturel, en plein coeur du Marais, vient de rouvrir après plusieurs années de travaux. Paris, capitale culturelle. Paris, théatre politique. Paris, repère historique pour une Suisse dont le destin s'est souvent joué ici, et dont l'ambassade, sise en l'hôtel de Besenval, tout près des Invalides, porte à la fois le témoignage des Gardes suisses et de la neutralité helvétique, drapeau à croix blanche sur son fronton.

Philippe Meyer a choisi un titre qui dit tout. Paris, à bien des égards, est devenu une capitale désespérante. Les Parisiens, forcés à s'exiler par les prix de l'immobilier, souffrent de sa nouverlle nature touristico-hotelière-bobo. Son peuple a déserté les quartiers qui furent autrefois ses sanctuaires. Et pourtant: plongeant dans les méandres de l'histoire, avec pour principal personnage le fameux préfet Georges-Eugène Haussmann (1809-1891) qui perça ses grands boulevards, l'auteur parvient à nous démontrer qu'il émanera toujours de cette ville cette extraordinaire capacité à concilier le passé et le contemporain, à rester un écrin même si ses trottoirs sont sales, que la qualité de ses infrastructures se détériore et que ses commerçants et artisans crient à l'asphyxie bureaucratique.

Paris «malgré tout» est un voyage contre nature. On l'ouvre en promettant de ne pas se laisser charmer, une nouvelle fois, par cette ville de promesses et de lumières. Et puis l'on cède. Parce que Paris, c'est bien connu, sera toujours Paris.

«Paris, Malgré tout...…»
Philippe Meyer (Collection L'Âme des Peuples, éd. Nevicata)

 
 

Et dans le reste du monde

Maintenant que ses pilotes sont saufs, Trump va se déchaîner

Il risquait très gros. Si l'un des deux pilotes du F15 perdu en Iran avait été fait prisonnier, Donald Trump se serait retrouvé en grande difficulté. Le sauvetage réussi de cette nuit lui permet au contraire de se déchaîner.

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Avec cette guerre, Netanyahu peut aussi briser Israël

La guerre contre l'Iran reste très populaire parmi les Israéliens. La suppression définitive de la menace «existentielle» iranienne est largement soutenue. Mais le prix à payer, pour l'économie et la société, devient exorbitant.

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Trump délire ou les Iraniens sont enfin prêts à négocier?

Le président des Etats-Unis l'a affirmé dimanche: une troisième équipe de dirigeants iraniens est aujourd'hui au pouvoir, prête à négocier. Vraiment? Rêve ou réalité, alors que la guerre se poursuit?

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