Avouez que les paroles de la fameuse chanson laissent à désirer: «Eh watching you/ t'as fraoute les roubloutes/ Canapé bidet à coudre/ Merde in France (cacapoum cacapoum) / Watch euh me again/ Même triple again/ Merde in France (cacapoum cacapoum)».

La newsletter qui bouscule la France par Richard Werly

 

2026, année du caca politique

Avouez que les paroles de la fameuse chanson laissent à désirer: «Eh watching you / t'as fraoute les roubloutes / Canapé bidet à coudre/ Merde in France (cacapoum cacapoum) / Watch euh me again/ Même triple again/ Merde in France (cacapoum cacapoum).» Comment ne pas avoir envie d'écouter ce refrain après avoir lu l'un des derniers éditoriaux de «The Economist» consacré au pays de Voltaire. Le mot de Cambronne y figure en surtitre. En haut de la page du magazine britannique chéri par Emmanuel Macron. «Utter Merde». Traduisez au choix: «pure merde», «merde totale», ou «complètement la merde»... Verdict sans appel: vue de Londres, cette République là, enlisée dans son débat budgétaire en forme d'impasse, ne sent pas bon et colle aux chaussures. Pas sûr même que marcher dedans porte bonheur!

Pourquoi cette tentation merdique de «The Economist», magazine d'ordinaire si distingué? Sans doute parce que son excellente correspondante à Paris, autrice d'un essai admiratif sur les débuts de Macron intitulé «Revolution Française» (rien que ça), commence à se sentir flouée. «Que restera-t-il du macronisme? Posons-nous tous la question» rigolait, ce dimanche 11 janvier, l'un des invités du plateau de «Tout est politique» sur France Info TV. Une participante a parlé de la résilience du pays pendant l'épidémie de Covid 19. Je me suis pour ma part risqué à défendre la politique d'attractivité économique, et le volontarisme européen du locataire de l'Elysée. Pan sur le bec: 2026 s'annonce, côté attractivité, comme l'année de l'Italie. Et voilà Macron vent debout contre l'accord commercial avec les pays du Mercosur. Sacré caca politique, alors que l'ombre d'une dissolution de l'Assemblée se remet à planer…

J'aime bien pourtant ce mot. Surtout sous la plume des journalistes britanniques. Tellement français, ce terme utilisé à toutes les sauces. «Arrêtez d'emmerder les Français», clamait Georges Pompidou. L'occasion de redire, aussi, que l'héroïque général Cambronne riposta, parait-il, en ces termes, aux assauts anglais contre le dernier carré de la Garde impériale à Waterloo. Macron-Napoléon. Avis à «The Economist»: les Français, dans leur histoire, se sont souvent accommodés du «caca» ambiant. Sans pour autant se remettre en cause. Et merde!


Bonne lecture, avec Jacques Dutronc !

(Pour débattre: richard.werly@ringier.ch)

Et dans les médias?

Retrouvez-moi dans C à Vous avec Anne-Elisabeth Lemoine, dans C dans l'Air avec Caroline Roux, sur RTL avec Vincent Parizot et sur France 24 avec Raphaël Kahane.

 

Le top 3

 

«The Economist» a raison: la France est «dans la merde»

Le magazine libéral britannique a longtemps défendu à cor et à cri Emmanuel Macron. Mais désormais, l'affaire est entendue pour «The Economist»: la fin du mandat du président français met le pays «dans la merde».

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Emmanuel Macron arrive en Suisse avec des questions

Le président français sera présent ce vendredi 9 janvier à la cérémonie d'hommages aux victimes de l'incendie du «Constellation». Il aura des questions à poser à ses interlocuteurs helvétiques.

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Entre Ukraine et Groenland, les Européens devront choisir

Donald Trump joue sur deux tableaux: il met une pression maximale sur le Danemark avec le Groenland. Dans le même temps, le président américain assure les Européens de son soutien à Kiev face à Moscou.

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PODCAST

Et si Trump avait raison de nous détester

Rediffusion de notre podcast spécial MAGA. Venezuela, Iran, Groenland? Irrésistible impéralisme?

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Top ou flop?

 

TOP

Suisse-France, vérités judiciaires

J'ai écris dans Blick, le matin même de la cérémonie d'hommage de Martigny, qu'Emmanuel Macron venait en Suisse avec une liste de questions sur la tragédie de Crans.Montana. Juste. Le président français a clairement fait savoir le 9 janvier à ses interlocuteurs, Guy Parmelin et Mathias Reynard, que la justice helvétique sera, dans les semaines et mois à venir, surveillée de près. Pourquoi? Parce que les juges français ont appris, depuis des décennies, à douter de leurs homologues suisses. Trop de demandes d'entraide judiciaire inabouties. Trop de délais synonymes de procédures enlisées. Trop de refus d'entrer en matière. Longtemps, et notamment sur les questions financières et fiscales, la Suisse a été, à Paris, assimilée à un «trou noir».

Ancien ministre (droite libérale) et auteur de plusieurs rapports parlementaires sur l'évasion fiscale, François D'Aubert n'a toujours pas digéré cet attentisme helvétique. «Combien de fois me suis-je dit que les magistrats suisses exagèrent? Qu'ils ne veulent pas traiter les problèmes? Qu'ils préfèrent détourner le regard? Je vous l'avoue: très souvent», nous expliquait-il en novembre 2025, au sortir du Salon du livre d'histoire à Paris. Rien à voir, direz-vous, avec les poursuites engagées par la justice valaisanne contre les époux Moretti, exploitants du «Constellation». Voire: «La Suisse est un Etat de droit. Le moment est venu de présenter des excuses, mais les excuses seules ne suffisent pas», a d'ailleurs tenu à avertir l'ancienne présidente de la Confédération Micheline Calmy-Rey. Et de plaider pour une pression maximale: «Les comptes rendus critiques de la presse sont importants. Il est également juste que les avocats des familles fassent pression. Il faut en finir avec les petits arrangements, les liens entre la politique et les intérêts personnels. Ce copinage doit cesser, même si l'on se connaît.»

Crans-Montana, ou l'heure de vérité judiciaire d'une Suisse tentée de se protéger face aux doutes et aux attaques que la tragédie a engendrés? L'essayiste français André Siegfried avait eu le courage, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, de publier un essai percutant intitulé «La Suisse, démocratie témoin», pour défendre à juste titre la cause d'une Confédération Helvétique accusée d'avoir été neutre par lâcheté. Le feuilleton judiciaire qui s'ouvre démontrera s'il avait vu juste. Ou non.

 
 

Un livre, un débat

Cette France rassemblée par le RN

 

Plus vite. Plus haut. Plus fort. Cette devise sportive figurait, en 2021, dans la profession de foi d'un cadre du Rassemblement national (RN). Un objectif que Marine Le Pen, comme le démontre cette enquête très complète consacrée au parti national-populiste, a parfaitement atteint. Jamais, depuis sa fondation en 1971, le RN (ex. Front national, n'a été aussi proche de conquérir le pouvoir en France. La raison? Une volonté collective de plus en plus partagée de «revenir à l'ordre ancien»: «Ce désir de revenir en arrière ou à tout le moins de conserver les choses en l'état, cet habitus littéralement conservateur, voire réactionnaire, est sans aucun doute un thème que partagent dirigeants et électeurs du RN», jugent les auteurs de cette plongée chiffrée dans les arcanes électorales du parti aujourd'hui le mieux représenté à l'Assemblée nationale française.

Quelle est cette France rassemblée par Marine Le Pen, Jordan Bardella, et cette génération d'élus désormais en pole position dans presque toutes les régions du pays, à l'aube de l'ouverture, ce mardi, du procès en appel de la cheffe du RN, reconnue coupable le 31 mars 2025 de «détournement de fonds publics» du Parlement européen? D'abord, une France qui ne supporte pas certaines transformations: «Le FN/RN bénéficie, comme ses homologues en Europe occidentale, d'un «effet d'aubaine» dû au passage progressif d'une  configuration politique ancienne (qu'on peut dater des années 50) à une nouvelle configuration, loin d'être stabilisée», affirme ce livre parfois ardu, mais riche d'enseignements à un an et demi de la prochaine présidentielle. Avec, comme nouveau paradigme, ce qui ressemble fort à l'ouragan trumpiste survenu outre-Atlantique: «La délégitimation des porteurs de culture – les enseignants notamment – nourrit un anti-intellectualisme et une haine des clercs qui accroissent la possibilité de voter pour une formation comme le RN», peut-on lire.

Et maintenant, la plus haute marche du pouvoir français est-elle à la portée du tandem Le Pen-Bardella? «La dissolution brutale de l'Assemblée nationale par Emmanuel Macron en juin 2024 a placé le RN au centre des débats, poursuit l'ouvrage. Elle l'a installé, pour la première fois en France, en position de favori (...) Au terme de ces différentes évolutions, le RN commence à ressembler à l'alchimie gagnante du néoconservatisme réalisée par Donald Trump aux Etats-Unis et Javier Milei en Argentine: les anciens «gilets jaunes» alliés à la bourgeoisie traditionaliste, réunis par la polarisation du débat politique sur les questions identitaires et culturelles».

«Du FN au RN, les raisons d'un succès»
Patrick Lehingue et Bernard Pudal (Ed. PUF)

 
 

Et dans le reste du monde

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