La newsletter qui bouscule la France par Richard Werly |
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Adieu Brigitte, Adieu «ta» France
Regrets éternels. La France de Brigitte Bardot n'est plus. Combien sommes-nous, jeunes ou moins jeunes (ces derniers sans doute plus nombreux) à dire que l'héroïne de «Et dieu créa la femme» vécut dans un pays qui n'existe plus? C'est la force des personnages mythiques, de ceux que la littérature, le cinéma, le théâtre ou la musique ont transformé en porte-voix de toute une nation, que de laisser derrière eux (ou elles) un torrent de cendres et de larmes. BB incarnait une France disparue et nourrissait, lorsqu'elle s'invitait encore dans le débat public, une avidité de nostalgie. Coïncidence d'ailleurs: le dernier numéro de 2025 de l'hebdomadaire Marianne demande de «nous rendre la France d'avant». Sans préciser à qui s'adresse la requête de sa «une»: aux gouvernants, à l'Etat, aux Français eux-mêmes?
Terminer 2025 sur une incantation nostalgique n'est, au fond, que très normal, vu de Paris où la déprime ambiante – politique, budgétaire, sécuritaire, diplomatique – est le refrain le plus partagé du moment. En route, donc, pour la France d'avant des «Trente glorieuses»? Celle des bagnoles reines. Celle du machisme à tous les étages. Celle de la fantasmée classe moyenne industrielle. Ne croyez pas que j'élude la question avec ironie. Après tout, n'est-ce-pas, en version américaine, ce que propose Donald Trump avec son agenda MAGA?
Avouez qu'il y a de quoi faire sourire. Le Premier ministre français Sébastien Lecornu est de plus en plus comparé à Georges Pompidou (en beaucoup moins intello). Macron et sa promesse de rupture numérique a abouti à nous rendre encore plus dépendants des Big Tech américaines. Pensez-vous que Trump a, un jour, regardé «Le Mépris» et entendu Melania lui dire «Et mes fesses? Tu les trouves jolies, mes fesses?»
Bonne lecture en Harley Davidson (évidemment)!
(Pour débattre: richard.werly@ringier.ch) |
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| Décédée dimanche 28 décembre à 91 ans, l'actrice française incarnait, dans l'histoire du cinéma et de son pays, le mythe de la femme libérée et rebelle. Un mythe que ses engagements successifs ont toujours confirmé. Quitte à déranger... |
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| En visite auprès des soldats français basés à Abu Dhabi, Emmanuel Macron a annonçé dimanche 21 décembre la construction d'un nouveau porte-avions nucléaire pour 10 milliards d'euros. Au risque de rater la guerre du futur. |
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| Crée à la fin octobre, la Commission d’enquête sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public français vire au pugilat. Un règlement de comptes qui résonne en Suisse. |
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| Eviter un naufrage européen en 2026 |
Un podcast géopolitique pour terminer 2025 face à Trump. Comme pouvons-nous exister (et lui résister)? |
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2025, l'année des femmes françaises
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Vous me direz que c'est facile (et vous n'aurez pas tort). Terminer 2025 par des portraits de femmes qui ont fait la différence. L'idée m'en est venue après avoir rouvert «Tenaces» (éd. Albin Michel), le livre d'Anaïs Bouton consacré à ces héroïnes de tous les jours qui ont dit «non», et qui, malgré les pressions, s'efforcent de tenir bon. Alors, j'ai regardé derrière moi le bilan de ces douze derniers mois. Et j'ai trouvé cinq femmes inspirantes. Parce qu'elles n'ont rien cédé. Quitte à tout risquer.
Gisèle Pélicot, bien sûr. Le livre de mémoires de cette femme-courage, portée aux nues par les médias du monde entier pour avoir défié ses violeurs à visage découvert, en refusant le secret du huis clos, sortira le 27 janvier 2026. Une sortie mondiale, pour une histoire à portée universelle. Deux procès. Deux plongées judiciaires dans ce que nos sociétés peuvent produire de plus terrible. Deux moments de courage absolu.
Nathalie Gavarino, pour la justice. Merci à la présidente du Tribunal qui a condamné Nicolas Sarkozy en première instance à 5 ans de prison pour «association de malfaiteurs» dans l'affaire des fonds libyens de sa campagne présidentielle de 2007. Il est désormais accepté, en France, de débattre à l'infini d'une décision de justice. Soit. «Sarko», désormais, s'emploie à tisser sa légende de prisonnier dans son livre déjà vendu à plus de 120'000 exemplaires. Dont acte. J'ai pour ma part lu le jugement de 400 pages, rendu le 25 septembre 2025 et lu par la présidente Gavarino dont le nom a ensuite été livré en pâture au public. Et ce que j'ai découvert m'a inspiré la plus grande inquiétude sur l'Etat de la République.
Carla Bruni, pour son culot. On peut dire ce qu'on veut de l'interprète de «Quelqu'un m'a dit». On peut surtout penser qu'elle n'aimerait pas, comme je le fais ici, côtoyer la présidente du Tribunal qui a condamné son mari, Nicolas Sarkozy, dont le procès en appel aura lieu à partir du mois de mars 2026. Mais elle a du culot, Carla. Tous les jours, elle venait au parloir de la prison de la Santé. Et à chaque fois, elle a défendu son «Raymond». Un tempérament.
Théodora, pour son succès. Je n'écoute pas de rap. Je ne suis pas un fan de Gims ou du défunt Werenoi. J'ai juste découvert Théodora, rappeuse d'origine congolaise née à Lucerne, en Suisse, lorsque France Info l'a citée comme quatrième meilleure vendeuse d'albums de l'année 2025. Bon, vous voulez quelques paroles de «Boss Lady»? Les voici: «J'le laisse à ces chiennes de macronistes/Pensent qu'elles finiront avec des chèques/Alors que leur gourou baise une vieille/ Damn vive les présidentielles». Sans commentaire...
Marine Le Pen, pour ses chats. Son procès en appel dans l'affaire de détournement des fonds publics du Parlement européen aura lieu du 13 janvier au 12 février 2026. La question, comme pour Nicolas Sarkozy: était-il légitime de condamner la patronne du premier parti de France à cinq ans d'inéligibilité avec exécution provisoire de sa peine? La justice va réexaminer le dossier. L'intéressée, elle, ressemble de plus en plus à Brigitte Bardot. Elle n'a d'yeux, dit-on, que pour ses chats. Les animaux, il est vrai, ne trahissent a priori jamais.
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Je vais commencer par des excuses. Résumer, en quelques lignes dans cette chronique hebdomadaire, le passionnant livre de Marc Lazar sur l'histoire du populisme «à la française» n'a guère de sens. Cet essai de référence mérite beaucoup mieux qu'une appréciation rapide, aussi élogieuse soit-elle. L'universitaire, spécialiste de l'Italie, l'explique d'ailleurs d'emblée: «Le populisme ne saurait être réduit à une seule entreprise politique, au sens étroit de l'expression, apte à formuler une offre politique attractive et à déployer une stratégie efficiente.»
Il y a donc, dans cette enquête historique, bien plus qu'un récapitulatif des grandes étapes du «populisme à la française». L'auteur s'interroge, au fil de ses 300 pages, sur ce qui rend l'amour du peuple différent en France. Réponse, pour le moment bien sûr: «Le populisme comme force politique est toujours demeuré à l'opposition, hormis sous le régime de Vichy dont certains dirigeants utilisaient une rhétorique et un type populiste». Il s'agit donc de raconter les colères du peuple contre le pouvoir, pas au pouvoir.
Marc Lazar peut décourager parfois le lecteur par ses précisions, et par son goût du détail historique. «Pour l'amour du peuple» (éd. Gallimard) se mérite. Mais il est, à un an et demi de l'échéance présidentielle française de mai 2027, tout simplement indispensable. Parce qu'il pose aussi les questions qui fâchent. Exemple sur le gaullisme: «Beaucoup d'éléments qui le constituent entrent en résonance avec le populisme, écrit-il: le refus du clivage gauche-droite, la volonté de rassembler le peuple et de nouer une relation directe et presque permanente avec lui afin d'affirmer sa pleine et entière souveraineté, la critique des classes dirigeantes.» Ceux qui regardent de près l'ascension dans les sondages de Marine Le Pen et de Jordan Bardella peuvent trouver là quelques solides matières à réflexion. Et si la force du Rassemblement national, en cette fin 2025, était d'abord qu'il ressemble profondément à la France?
Je complète cette chronique par une recommandation helvétique. «Les chemins de la colère» (éd. Bayard) d'Antonio Rodriguez Castiñeira raconte un volet de ce populisme: celui des rancœurs semées par la crise financière de 2008-2012 sur les routes de la région d'origine de ce Jurassien d'adoption: la Galice. Antonio travaille pour l'Agence France-Presse. Sa rigueur est exemplaire. Il connait la complexité du monde. Il a grandi en Suisse. Et il découvre, en s'engouffrant dans un taxi entre Saint-Jacques de Compostelle et Delémont, ce que pensent les deux peuples qu'il connait si bien.
A quand, l'apaisement des colères? En 2026? Qui peut vraiment y croire? Cette chronique a déjà été publiée le 22 décembre 2025 |
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| «Pour l'amour du peuple» Marc Lazar (Ed. Gallimard) |
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| «Les chemins de la colère» Antonio Rodriguez Castiñeira (Ed. Bayard) |
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Et dans le reste du monde |
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| Une année de folie «Made in Trump»! 2025 portera à jamais la marque du 47e président des Etats-Unis. A-t-il transformé notre quotidien? Oui. Et ca pourrait continuer avec son dernier plan pour l'Ukraine dévoilé le 24 décembre par Zelensky. Récit en dix dates. |
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| Thierry de Montbrial est l'une des voix les plus respectées, en Europe, sur la géopolitique. Le fondateur de l'Institut français des relations internationales (IFRI) a reçu Blick. Son verdict à la veille de 2026: la révolution Trump n'est pas encore à l'œuvre. |
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| Thierry Breton interdit de visa aux Etats-Unis! Pour l'expert suisse Bruno Giussani, spécialiste des géants de la Tech américaine, cette escalade n'a rien d'étonnant. Il s'agit, ni plus ni moins, de faire peur à tous ceux qui résistent au Trumpisme numérique. |
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