La newsletter qui bouscule la France par Richard Werly |
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L'IA et le cornichon
Je crois avoir trouvé la solution pour l'impossible budget français. Elle nous vient d'Albanie, ce pays gouverné jadis par un dictateur aussi francophone que féroce stalinien: Enver Hoxha (1908-1985). Dans ces contreforts montagneux balkaniques, terre de clans impitoyables et de vendettas qui n'en finissent jamais, le Premier ministre Eddie Rama a choisi de faire rentrer l'intelligence artificielle dans son gouvernement. La future ministre IA – c'est une femme, on se demande pourquoi – aura la charge des contrats publics, officiellement pour empêcher la corruption. Elle engloutira les appels d'offres. Elle recrachera ses choix, en fonction des critères que des humains auront préalablement programmés. Pas de débat politique. Pas de censure possible au Parlement. Les algorithmes feront, selon le chef du gouvernement albanais, ce que la démocratie n'est pas capable d'obtenir.
Je plaide donc pour le remplacement immédiat d'Eric Lombard, le ministre des Finances en «affaires courantes», par un supercalculateur, ou par un logiciel de Mistral, le leader français de l'intelligence artificielle. A chacun ses propositions. A chacun ses calculs, y compris pour l'économiste de gauche Gabriel Zucman, convaincu que sa taxe sur les super-riches (à partir de 100 millions d'euros de patrimoine) rapportera entre 15 et 20 milliards d'euros par an. L'IA ministérielle moulinera les données en fonction des contraintes budgétaires européennes, des taux d'emprunt sur les marchés, et des fameuses notations financières. Sébastien Lecornu, surnommé «le cornichon» par Nicolas Sarkozy, pourra débattre à foison. La machine préparera le projet de budget 2026.
Ah, j'oubliais: ce ministre virtuel devra aussi écouter les Français. Parfait. Il suffira de lui faire avaler les dizaines de milliers de cahiers de doléances remplis lors du «Grand débat national», après la crise des «Gilets jaunes» de l'hiver 2018-2019. Un grand débat animé en partie, alors, par un certain... Sébastien Lecornu.
Bonne lecture, et vive les cornichons!
(Pour débattre: richard.werly@ringier.ch) |
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| L'agence de notation financière Fitch a décidé, vendredi 12 septembre, d'abaisser la note de la France de AA- à A+. Grave? Sérieux en tout cas, surtout en l'absence de budget pour 2026. |
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| A Paris et dans de nombreuses villes de France, le mouvement «Bloquons tout» a pris d'assaut la rue ce mercredi 10 septembre. Avec une revendication principale: virer le président de la République avant la fin de son mandat, en 2027. |
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| Le président de la République français a choisi de nommer l'un de ses très proches. Il prend le risque de provoquer la gauche. Mais il vise avant tout un objectif: chercher à préserver sa fin de quinquennat. |
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| Le nouveau Premier ministre français a entamé ses consultations en vue de négocier un accord entre la gauche socialiste, le centre, et la droite traditionnelle. Au comptoir de l'Helvetix Café, le podcast de Blick qui raconte la France, on a bien de la peine à y croire. |
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Socialisme français, la grande déprime |
Vous avez compris ce que veulent les socialistes français, forts de 66 députés à l'Assemblée nationale? Moi pas. Ou plutôt si. J'ai compris que le PS, cet ex-parti de gouvernement, héritier de la sociale-démocratie à la française (vieux sujet de débat) veut à la fois tout et son contraire. Ce qui, en résumé, donne à peu près cela:
- En finir avec Emmanuel Macron sans exiger une dissolution ou une destitution, pour éviter d'être otages de «La France insoumise».
- Diminuer sérieusement la facture d'économies budgétaires préparée par François Bayrou (44 milliards d'euros) en promettant que l'Etat se serrera tout de même la ceinture. Bref, en finir avec la politique d'attractivité «à la Macron» sans véritable relance, puisque les caisses sont vides. - Promettre de revenir sur la réforme des retraites de 2023, tout en reconnaissant (en privé du moins) que le retour à 62 ans n'est pas sérieux et pas tenable.
- Taxer les ultra-riches tout en espérant demeurer un partenaire crédible du patronat, et en priant pour qu'un exode fiscal ne transporte pas ces grosses fortunes vers Milan, Dubaï ou Genève.
Je caricature un peu. Mais je ne vois pas où cela peut mener, tant Emmanuel Macron cherche par tous les moyens à conserver le contrôle d'un navire France poussé vers les récifs. Olivier Faure (ici en photo) a, en plus, des élections municipales à gérer en mars 2026, échéance capitale pour un parti d'élus locaux qui a perdu ses militants. La vérité est que les socialistes français dépriment. Le pays réel est de plus en plus à droite, ou de plus en plus à gauche. La radicalité l'emporte. Le centre s'écroule. Le bastingage social-démocrate est usé. La question est tout simplement: qui va passer par-dessus bord?
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| SUR RTS, UN FORUM DES MEDIAS POUR DECRYPTER LA FRANCE
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Du grand rodéo politique. Animé par Mehmet Gultas et Renaud Malik avec Blick. |
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| SUR BFM TV, UN TOUR D'ESPAGNE TORPILLE PAR LA PALESTINE |
Débat mené par Emilie Broussouloux avec Blick à bord. |
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SUR NOVO 19, COMMENT FAIRE REPARTIR LA FRANCE AVEC TANT DE DETTES? |
Ouest France a sa chaine de TV, et Blick était là pour ses débuts à l'antenne. |
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Plus détesté que Macron, c'est possible |
Ce nom ne vous dit sans doute rien. Beaucoup de Français aussi l'ont oublié. Joseph Caillaux (mars 1863-novembre 1944) fut l'homme politique le plus haï de France. Une bonne raison de découvrir son histoire.
Les hommes et les femmes dont l’histoire a tissé la légende ne sont pas toujours ceux qui ont dominé leur époque. Qui connaît aujourd’hui, hors d’un petit cercle d’historiens français, l’homme politique Joseph Caillaux, mort il y a tout juste 80 ans, au lendemain de la libération de Paris après l’occupation nazie? Beaucoup d’entre vous connaissent en revanche sûrement Georges Clemenceau, alias «Le tigre», qui conduisit la France à la victoire en 1918. Il va aussi de soi que le nom du Général de Gaulle vous est familier, tant il symbolise la France de l’après 1940. Alors, pourquoi consacrer cette chronique à un inconnu? Ou plutôt, à un grand homme devenu inconnu, presque tombé dans les oubliettes de l’histoire?
Il y a deux bonnes raisons pour cela. La première est que Joseph Caillaux était l’archétype du parlementaire professionnel et passionné que la France de 2024 commence à réhabiliter. En 2017, une majorité d’électeurs français ont porté au palais présidentiel de l’Elysée un haut fonctionnaire de 39 ans, l’inspecteur des finances Emmanuel Macron, qui n’avait jamais été élu auparavant. Macron promettait d’en finir avec les partis. Il se voyait, sans doute, en nouveau Bonaparte et beaucoup de commentateurs, dont l’auteur de ces lignes, furent séduits par sa cavalcade.
La France sans Bonaparte Mais la France, ce n’est pas que Bonaparte! C’est la République. C’est l’Assemblée nationale. C’est aussi le parlementarisme. Ce fut beaucoup, autrefois, sous la IIIe République (celle de Caillaux) puis sous la IVe (avant de Gaulle) un pays de coalitions et de compromis. Ce fut le pays d’un républicain modéré nommé Joseph Caillaux...
Chronique intégrale du 14 juillet 2024 à relire ici. |
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| «Mémoires» Joseph Caillaux. Edition présentée et annotée par Henri Paul. (Ed. Perrin) |
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