La newsletter qui bouscule la France par Richard Werly |
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A Saint-Pierre, pas de chaise pour Emmanuel
Vous l'avez peut-être remarqué. Samedi 26 avril, une chaise a fait toute la différence lors du court entretien bilatéral entre Donald Trump et Volodymyr Zelensky. D'abord installée par les prélats mobilisés pour organiser cet aparté dans la basilique pontificale accaparée par les obsèques du pape François, cette troisième chaise s'est volatilisée. Il n'en est donc resté que deux, pour un face-à-face à l'allure de confession entre les présidents ukrainien et américain. Exit, le troisième larron.
La question maintenant est de savoir qui aurait pu ou dû s'asseoir en marge des cérémonies? A priori, c'est Emmanuel Macron (baptisé catholique à l'age de 12 ans contre l'avis de son père). Les images des derniers instants avant l'entretien montrent que le président français tenait la rampe. S'est-il ensuite éclipsé de lui-même ou Donald Trump l'a-t-il écarté comme le jurent des experts qui ont lu sur ses lèvres?
L'enseignement de cette chorégraphie diplomatico-religieuse au Vatican est en tout cas évident: si les Etats défendent toujours leurs intérêts, un (petit) espace existe encore pour les hommes (et les femmes) guidés par leur tempérament et par les circonstances. Tant mieux. Faute de chaise aux côtés de Trump et Zelensky, Macron a gardé ses distances, à l'image de l'Europe contrainte d'attendre le feu vert (ou orange, ou rouge) de Washington, alors que Trump achève ses cent jours de pouvoir.
S'asseoir avec eux aurait finalement été peut-être plus inconfortable. Il vaut mieux, parfois, ne pas entendre certaines confessions. Bonne lecture, in paradisum !
(Pour débattre: richard.werly@ringier.ch) |
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| Leur surnom en France? Les «papys braqueurs». Le 3 octobre 2016, ces professionnels du braquage ont dépouillé Kim Kardashian de tous ses bijoux lors d'un séjour à Paris. Leur procès débute ce lundi. Et ils lui demandent pardon! |
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| Le Premier ministre français est le dos au mur après les aveux à «Paris Match» de sa fille aînée, violentée par un prêtre de l'institution Bétharram. Va-t-il quitter son poste? Un livre revient sur ces violences. Cinq questions sont incontournables. |
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| Les Européens crient haro sur le plan de Donald Trump, jugé à juste titre comme bien trop favorable à la Russie de Vladimir Poutine. Mais que vont-ils faire si les Etats-Unis se désengagent brutalement? |
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| Le moment est parfait pour écouter Helvetix Café, le podcast de Blick consacré à la France. Cent jours après l'investiture du président des Etats-Unis, Emmanuel Macron reste, sur l'Ukraine, l'un des principaux interlocuteurs de Donald Trump. mais quel est son poids ? |
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Marseille, le pape et eux |
Soudain, le visage du pape François est apparu ce dimanche dans les travées du Stade Vélodrome, assorti de ce simple mot: Merci! Difficile de ne pas voir, dans l'émotion marseillaise qui a entouré la disparition du souverain pontife, une forme de revanche de Notre-Dame de la Garde sur Notre-Dame de Paris. Je résume: le 22 septembre 2023, le pape François, sa soutane blanche ébouriffée par un mistral très provençal, prononce son discours sur les migrants et la nécessité de les accueillir sur le sol européen. Un an plus tard, le 8 décembre 2024, la réouverture de Notre-Dame de Paris a lieu en son absence. Marseille a gagné. Dans le cœur de ce Pape argentin, la Méditerranée pesait plus que la capitale de la République laïque.
Marseille encore, qui se met à rêver. Je n'ai jamais rencontré son cardinal-archevêque Jean-Marc Aveline, né en Algérie et installé depuis 2017 dans le charmant presbytère situé juste en dessous de la «Bonne Mère», avec vue magnifique sur la mer et le château d'If du «Comte de Monte-Cristo». Imaginez la liesse si le conclave, qui s'ouvrira le 7 mai, s'achevait pas la désignation d'un pape français et marseillais. A priori, les chances de ce dernier sont faibles, très faibles. Certains croient même davantage à la bonne étoile de son voisin de l'île de Beauté, le Cardinal d'Ajaccio François Bustillo, qui a reçu François quelques jours après les cérémonies parisiennes de Notre-Dame.
Marseille, le pape et eux: ville multiconfessionnelle (à l'heure où le meurtre d'un fidèle dans une mosquée relance le débat sur l'islamophobie en France), port marchand, terre d'immigration, ville de l'exil aussi, la cité phocéenne ne pouvait que plaire à un pape argentin d'origine italienne. Des liens privilégiés qui pourraient perdurer avec un autre pape issu d'un pays du sud, d'Afrique ou d'Asie. |
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| DANS COURRIER INTERNATIONAL |
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Je préfère conjuguer au pluriel le titre de l'excellent livre collectif coordonné par Giuliano da Empoli pour «Le Grand continent». «L'Empire de l'ombre» se décline en effet sous plusieurs formes, même si le tronc commun de cet ouvrage est l'interrogation sur la force dévastatrice de l'intelligence artificielle pour nos libertés et nos démocraties.
Il faudrait bien sûr citer tous les contributeurs réunis par l'essayiste italo-suisse qui vient de publier «L'heure des prédateurs» (que j'apporte avec moi aux Etats-Unis où je serai jusqu'à la mi-mai). J'en garderai pour ma part deux, qui résument certaines interrogations sur les cent jours de Donald Trump et sa manière d'exercer le pouvoir depuis son investiture, le 20 janvier 2025.
Le premier est le milliardaire Peter Thiel, ancien associé d'Elon Musk chez Paypal et inspirateur de l'actuel vice-président des Etats-Unis J.D. Vance. Etonnante confession que celle de cet élève autoproclamé du philosophe français René Girard, qui écrivit sur le christianisme et l'émergence de l'individu: «Aujourd'hui, la grande tâche des libertariens est de trouver un moyen d'échapper à la politique sous toutes ses formes», écrit-il. Et de poursuivre: «Nous sommes engagés dans une course mortelle entre la politique et la technologie.» Le pire semble donc programmé…
Le deuxième auteur, américain lui aussi, est Curtis Yarvin, inspirateur réactionnaire de nombreux influenceurs américains. Sa doxa? «Le problème de la modération est que le centre n'est pas immuable. Il se déplace. Et comme il bouge, les gens étant ce qu'ils sont, ils essaieront toujours de le déplacer.» Conclusion? Ne jamais croire les modérés, qui d'après lui sont avant tout des opportunistes patentés. Et toujours se focaliser sur le résultat plus que sur les moyens: «Toute solution qui résout le problème est acceptable. Toute solution qui ne le résout pas est inacceptable.» pas besoin d'en écrire plus. Pour ces deux Américains très écoutés dans l'administration de Donald Trump, la démocratie comme l'Etat de droit sont erronés. Preuve que l'on est bien entré dans «l'Empire de l'ombre»...
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| «L'Empire de l'ombre - Guerre et terre au temps de l'IA» Sous la direction de Giuliano da Empoli (Ed. Gallimard) |
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